Evénement - Séminaire du GRER - La radio et le genre : Rebattre les cartes ?

Evénement

Séminaire du Groupe de recherches et d’études sur la radio

La radio et le genre : Rebattre les cartes ?

Samedi 30 mars, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

 

Le Groupe de recherches et d’études sur la radio (GRER) a le plaisir de vous inviter à son premier séminaire de l’année 2019 qui aura lieu le samedi 30 mars de 9h45 à 12h30 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne(INHA – 2 rue Vivienne – 75002 PARIS, salle Jullian).

Conception et organisation de la manifestation : Isabel Guglielmone, MCF en SIC,Laboratoire COSTECH (Connaissance Organisation et Systèmes Techniques), Université de Technologie de Compiègne et membre du GRER.

 

Présentation 

La radio serait-elle un des médias où la « prédominance masculine » se manifeste davantage en termes de temps d’antenne, de place dans la hiérarchie institutionnelle, de créneaux horaires de grande écoute et de sujets traités ? Ces questions, d’une réelle actualité, sont au centre du séminaire largement ouvert au public qu’organise le GRER (Groupe de recherches et d’études sur la Radio) à Paris, ce samedi 30 mars au matin.

L’étude sur La représentation des femmes à la télévision et à la radio publiée en mars 2018 par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ([1])le constate : à la radio, la présence de femmes à l’antenne n’est que de 38 %, contre 62 % pour les hommes. Le même déséquilibre se retrouve dans les émissions matinales : 44 % femmes face à 56 % d’hommes. Il y a toutefois, sur le même créneau, une augmentation de 9 % en comparaison de la présence des femmes constatée l’année précédente. La hausse par rapport à 2016 est également importante à propos du  taux d’expertes à la radio (+8 points) (37% vs. 29%). La catégorie « invité politique » est celle qui compte le moins de femmes : 27% télévision et radio confondues. Selon la même étude, les femmes, tous métiers confondus, constituent à la radio et à la télévision 40 % des effectifs.  «  À la radio et à la télé, les femmes parlent deux fois moins que les hommes »  est également  le résultat d’une  étude faite à l’aide de l’intelligence  artificielle et publiée par l’INA l’Institut National de l’Audiovisuel en mars 2019 ([2]).

Une autre recherche, internationale,  le Global Media Monitoring Project  (Projet mondial de monitorage des médias), considère qu’il y a une sous-représentation des femmes en tant que  protagoniste, auteure, et source légitime de l’information d’actualité à la radio, en France ([3]).

Ces chiffres permettent d’objectiver une partie de la vaste, complexe et pas toujours mesurable question de la radio et le genre.

Certes, l’ensemble des rapports sociaux organisant des pratiques de genre ont encore des progrès à faire pour réinventer des modalités plus égalitaires. Autour de cette problématique le séminaire du GRER propose d’ouvrir un espace d’échanges et de débat autour de trois dimensions : la présence et le statut professionnel des femmes travaillant à la radio, la place des femmes en tant que protagonistes et sources dans l’information d’actualité et les modalités de représentations de la femme véhiculées à partir du dispositif radiophonique et celui de la radio « enrichie » par la convergence numérique.

Les réflexions et interrogations problématisés issues  de cette rencontre contribueront à énoncer des préconisations, voire des actions envisageables, selon les domaines et les instances, afin de contribuer à rebattre les cartes d’une situation dont les écarts persistent vis-à-vis de la catégorie la plus nombreuse de la population française (4)

[1] La représentation des femmes à la télévision et à la radio - Exercice 2017 CSA – 6 mars 2018.

[2] INA  https://www.inaglobal.fr/television/article/la-radio-et-la-tele-les-femmes-parlent-deux-fois-moins-que-les-hommes-10315

[3] Global Media Monitoring Project » (gmmp), « Observatoire mondial des médias sur le Genre, Biscarrat L. Coulomb-Gully  M. Méadel C. (2017), « Ce que soulèvent les chiffres. La place des femmes dans les médias : retour sur enquêtes  Le Temps des médias 2017/ 2 (n°29), pages 193 à 207.

Visibilité des femmes à la radio en 2015 : Stéréotypes et discriminations. Compte rendu du projet GMMP (2016) Donzelle B. Fievet A. C.,N° 1 Revue  Radiomorphoses   http://www.radiomorphoses.fr/

[4] En France, selon l’INSEE  (2019),  les femmes représentent la catégorie  la plus nombreuse de la population et dont l’espérance de vie est l’une de plus élevées de l’Union Européenne (INSEE – Institut National de la statistique et des études économiques- Population par sexe et groupes d’âge en 2019  https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381474)

 

Prendont la parole lors de ce séminaire :

Michelle Perrot, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot. Pionnière de l’histoire des femmes, historienne des grèves ouvrières et du monde du travail, elle a coproduit et co-présenté l'émission Les Lundis de l’Histoire sur la radio France Culture, entre 1985 et 2014. Elle a récemment publié George Sand à Nohant. Une maison d’artiste(Seuil).

Aurélien Bellanger, écrivain, auteur de :La théorie de l’information (2012), L’aménagement du territoire (2014), Le grand Paris (2017), Eurodance, (2018)  aux éditions Gallimard et chroniqueur radio,chronique « La Conclusion » Radio  France Culture,  du lundi au vendredi.

Marlène Coulomb-Gully, professeure à l’Université de Toulouse 2 Jean Jaurès. Elle travaille en particulier sur les médias, le genre et la politique. Elle est également membre du Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh). Elle a publié plusieurs ouvrages dont Femmes en politique, en finir avec les seconds rôles (Belin, 2016).

Lauren Bastide est journaliste, diplômée en sciences politiques et en études de genre. Elle est porte-parole du collectif de femmes journalistes Prenons la Une et a co-fondé le studio de production de podcasts Nouvelles Écoutes, dont fait partie La Poudre, dans lequel elle donne la parole aux femmes artistes ou militantes pour lutter contre la sous-représentation des femmes dans les médias.