Argumentaire scientifique
Lors de la parution des Origines des Sciences de l’Information et de la Communication en 2002, Robert Boure écrivait que « cette première production, originale dans notre champ, en appelle d’autres, plus ambitieuses tant au niveau des interrogations qu’à celui des méthodologies » (Boure 2002). Suite à cet ouvrage élaboré au sein du groupe de travail Théories et Pratiques Scientifiques (groupe créé en 1997 au sein de la SFSIC), il est vrai que les années 2000 ont été assez riches en publications individuelles (Miège 2004) et collectives sur les SIC. On pense en particulier au numéro 38 de la revue Hermès « Les Sciences de l’information et de la communication. Savoirs et pouvoirs » (Jeanneret & Ollivier [dir.] 2004), à l’ouvrage Sciences de l’Information et de la communication : Objets, savoirs, discipline (Olivesi [dir.] 2006), à une série d’articles épistémologiques, historiques et/ou critiques dans la rubrique « échanges » de la revue Questions de communication (n° 10-13, 2006-20081) et pour finir à un ouvrage de 552 pages qui, à ce jour, constitue la somme la plus aboutie sur l’histoire des SIC en France, bien que peu de chercheurs et chercheuses en SIC puissent y accéder : Kommunikationstheorien in Frankreich. Der epistemologische Diskurs der Sciences de l’information et de la communication (SIC) 1975–20052 (Averbeck-Lietz 2010).
Et depuis… peu, ou pas assez ! Après cette effervescence, la recherche sur les SIC, leur(s) histoire(s) et les manières d’en rendre compte (Boure 2002), ou encore leurs ancrages conceptuels, institutionnels, culturels, semble s’être tarie. La discipline est extraordinairement riche, productive, vivace, comme en témoignent ses publications, ses collectifs, ses revues et collections, ses projets (CPDirSIC, 2025). Mais il semblerait que ses membres n’aient plus ressenti le besoin de s’intéresser en commun à ses cadres, à son inscription institutionnelle, à son histoire.
Cette situation n’est pas propre à la France (Cordonnier 2021) et peut avoir plusieurs explications. Certaines causes possibles sont positives, comme la disparition du besoin de justifier l’existence de la discipline et sa légitimité, voire de la crainte qu’elle disparaisse, très présents lors des premières années (et même décennies) de la discipline ; cela pourrait avoir entraîné un sentiment de sécurité et de stabilité et, ainsi, une sorte d’« évidence » du cadre disciplinaire qui rendrait son explicitation inutile même si, par ailleurs, la reconnaissance des SIC à l’extérieur de la discipline reste assez faible (Cordonnier 2022). D’autres causes sont plus sombres (peut-être), et liées à la professionnalisation et la standardisation des métiers de la recherche ces dernières décennies, ainsi qu’à des transformations profondes des conditions de travail avec la compression du temps alloué à la recherche dans des environnements académiques toujours plus contraints ; cela peut amener les enseignant.e.s chercheur.e.s à se focaliser, dans leurs temps de recherche raréfiés, sur leurs thématiques spécialisées au détriment d’une réflexion plus générale, collective et disciplinaire, sur les conditions sociales de production et de circulation du savoir scientifique.
Quoi qu’il en soit des motifs, l’inattention qui semble s’être installée vis-à-vis des SIC n’est pas souhaitable à terme : c’est en se penchant ensemble sur leur histoire, depuis les enjeux du présent, que l’on peut maintenir la communauté disciplinaire, la faire fructifier, et en garantir la robustesse à la fois scientifique et pratique. Mais heureusement, il semble que ce besoin de (re)faire histoire en commun ressurgisse assez fortement aujourd’hui : il s’est manifesté lors des Assises « État des lieux et perspectives des SIC », qui se sont tenues en 2023 (Gallot, Bonfils & Le Moënne 2024), tant par le nombre de participant.e.s que par leurs contributions ; et encore lors du dernier Congrès de la SFSIC au cours duquel la table ronde inaugurale que nous avons consacrée aux cinquante ans des SIC3 a suscité des demandes de prolongement et d’approfondissement de la réflexion.
Dans ce contexte, la Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication nous semble être un espace pertinent pour accueillir une discussion renouvelée autour des SIC et pour se demander, en reprenant la belle expression de Robert Boure, qu’est-ce qu’être « contemporains en discipline » dans les Sciences de l’information et de la communication, un demi-siècle après leur institutionnalisation4 ?
Objectifs et principes
Ce numéro vise à :
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rappeler, partager et/ou discuter les outils épistémologiques, méthodologiques et politiques des SIC ;
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faire le point sur les questions anciennes adressées à la discipline (enjeux d’identité, d’interdisciplinarité, de « jeunesse », de « fragmentation », etc.), examiner la manière dont elles se renouvellent ou non, dont elles s’effacent éventuellement — et identifier les nouveaux enjeux qui affectent et/ou portent les SIC ;
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(ré)ouvrir des espaces de dialogue, ou tout simplement d’attention, autour de l’opérativité de la discipline, sans pour autant prétendre à produire un discours exhaustif ou (provisoirement) définitif
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s’intéresser à et/ou réenclencher la « conversation » (Craig, 2008) avec d’autres disciplines, dans les médias, et plus largement dans l’espace public
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donner à voir nos espaces, nos collectifs et nos dispositifs de pratiques.
Dans la lignée des manières de faire en SIC, les propositions pourront s’appuyer sur des objets empiriques localisés ou, au contraire, sur des comparaisons internationales ; sur des études de cas ou sur une démarche plus théorique ; sur des approches diachroniques ou synchroniques. Dans tous les cas, il importera d’expliciter la manière dont l’enquête proposée est construite au service du questionnement développé.
Axes
Les propositions pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants.
Axe 1. Conceptualiser « la discipline » et son opérativité depuis les SIC
L’histoire et la sociologie des sciences s’emparent rarement des sciences humaines et sociales, et quasiment jamais des sciences de l’information et de la communication. Les spécificités épistémologiques des SIC et la manière dont elles lient terrains et théories, considérées plutôt comme un atout pour la recherche en SIC, sont pourtant délaissées par les autres disciplines qui n’investiguent pas leurs dimensions théoriques et institutionnelles (Boure 2002), ne les incluent pas dans la « conversation des disciplines » (Craig 2008).
Pour rendre compte des recherches actuelles en SIC, les contributions attendues dans ce numéro pourront discuter la pertinence conceptuelle d’évoquer une « discipline » (Abbott, 2000), le caractère « composite » des SIC (Le Marec 2002) qui ont déjà été désignées comme « discipline carrefour », « interdiscipline » (Ollivier 2000, 2001), voire « post-discipline » (Waisbord 2019).
Les perspectives comparatistes internationales qui abordent l’opérativité des SIC françaises à l’aune des Communication Studies (Park & Pooley 2008, Hardt 2008, Löblich & Scheu, 2011, Simonson & Park 2016, Averbeck-Lietz & Cordonnier 2022) seront particulièrement appréciées, tout comme la pertinence des délimitations disciplinaires en France, dans les pays ayant également adopté le modèle « info-communicationnel », et au-delà à l’international (Pooley, 2021).
Enfin, la relecture de textes fondateurs (Escarpit, Veron, de Certeau…) pourra servir à penser leur validité face à des enjeux post-modernes, notamment l’IA qui bouleverse en profondeur la construction du savoir.
Axe 2. Les SIC dans la cité : enjeux académiques et sociaux
Le basculement du numérique, ainsi que la digitalisation de l’accès à l’information et des moyens de communication placent les SIC au cœur de toutes les problématiques socialement vives qui sont débattues au sein de l’espace public. Les enquêtes sur les médiations scientifiques, les prises de parole experte dans les arènes médiatiques (Corroy, Larguier 2024b ; Corroy, Larguier, Pourrez 2024a) et les dispositifs de publicisation de la science (Pailliart, 2005) amènent à questionner la place des SIC et la manière dont celles-ci s’emparent des grands enjeux contemporains (santé, environnement, climat, polarisations des débats, fragilisation des démocraties entre autres) tout comme leur apport pour fertiliser d’autres champs disciplinaires.
Les SIC sont-elles perçues comme interstitielles, comme espace de résistance critique et créative à la standardisation des savoirs, comme une « discipline pratique » pour comprendre les enjeux sociaux contemporains (Craig 2018) ?
Les articles peuvent s’intéresser à la circulation des savoirs des SIC (Miège, 2006), à leur utilité sociale. Ils peuvent aborder leurs politiques éditoriales, la manière dont elles sont ou non sollicitées par le politique, dans les médias, dans les espaces académiques.
Axe 3. Terrains et théories en évolution
L’absence de « pères fondateurs » uniques au profit d’une pluralité d’ancrages est souvent mentionnée dans la littérature comme un « problème ». Mais elle a aussi et surtout favorisé une grande agilité méthodologique et thématique de notre discipline (Olivesi 2006). L’évolution des objets de recherche, des approches par « l’objet concret » contribuent à transformer nos cadres de pensée (Davallon 2004).
Cet axe sollicite des contributions qui font le point sur l’évolution des dynamiques thématiques (CPDirSIC, 2025), des mémoires, des thèses, des habilitations à diriger des recherches soutenues en France. Les profils de recrutement en sciences de l’information et de la communication et leur évolution sont des marqueurs qu’il peut être à cet égard pertinent d’analyser.
Il est aussi bienvenu de se saisir de la manière dont les méthodes, qu’elles soient numériques (Barats, 2013), ethnographiques (Derèze, 2019), sémio-discursives (Lafon, 2019), sont toujours conçues dans le mouvement général de l’enquête (Seurrat, 2014) ; et comment les SIC contribuent aujourd’hui à l’hybridation des méthodes et à la réflexion épistémologique en SHS (Jarrigeon et al., 2004).
Axe 4. Faire collectif(s) : pratiquer les SIC comme « contemporains en discipline »
Être « contemporains en discipline » (Boure, 2002), c’est aussi partager des lieux, des instances et des rituels. Cet axe invite à analyser nos dispositifs de pratiques.
Comment les sociétés savantes, les instances nationales, les revues, mais aussi les collectifs de recherche5 et les réseaux doctoraux construisent un collectif et agissent comme instances de légitimation académique et épistémique ? Comment se transmettent l’histoire de la discipline et/ou l’« esprit SIC » dans les formations ? Comment les maquettes de diplômes et les manuels (Alvès, Appel, Bigey, 2020) servent-ils ou non à stabiliser et visibiliser les soubassements scientifiques des formations ?
L’ancrage territorial de la recherche doit se penser, car celle-ci s’insère dans un écosystème socio-économique régional qui dynamise et parfois structurent les recherches collectives. Des retours réflexifs sur des histoires locales (laboratoires, écoles de pensée régionales) ou sur le travail par projet sont attendus, de même que des propositions de cartographie de la discipline (Gallot 2014, Froissart 2014). L’objectif est de comprendre comment les structures institutionnelles et les collectifs de travail façonnent, en creux, l’épistémologie de la discipline.
Calendrier
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1er mars 2026 : diffusion de l’appel à articles
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1er juin 2026 : réception des intentions sur la base d’un résumé de 3000 signes (espaces compris et hors bibliographie)
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30 juin 2026 : réponse aux auteurs
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1er novembre 2026 : réception des articles complets (30 000 à 40 000 signes)
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15 décembre 2026 : retour aux contributeurs, contributrices
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1er mars 2027 : articles définitifs envoyés
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1er juin 2027 : parution du numéro
Les résumés seront adressés à
- Sarah Cordonnier (sarah.cordonnier@univ-lyon2.fr)
- et Laurence Corroy (laurence.corroy@univ-lorraine.fr) pour évaluation en double aveugle par le comité scientifique de la revue.
Pour les normes, se référer à la revue : https://rfsic.revues.org/401
Références bibliographiques
Abbott, A. (2000). Chaos of disciplines, Chicago : The University of Chicago Press.
Alvès, A., Appel, V., & Bigey, M. et al. (2020). Les Sciences de l’information et de la communication (SIC) en IUT — 35 fiches, Paris : ellipses.
Averbeck-Lietz, S. (2010). Kommunikationstheorien in Frankreich. Der epistemologische Diskurs der Sciences de l’information et de la communication (SIC) 1975–2005, Hamburg : Avinus.
Averbeck-Lietz, S. Bonnet F. et Bonnet J. (2014). « Le discours épistémologique des Sciences de l’information et de la communication », Revue française des sciences de l’information et de la communication, 4. https://doi.org/10.4000/rfsic.823
Averbeck-Lietz, S., Cordonnier, S. (2022). « French and German Theories of Communication. Comparative Perspectives with Regard to the Social and the Epistemological Body of Science”, in Y Miike. & J. Yin (ed.), The Handbook of Global Interventions in Communication Theory, New York : Routledge, 373-392
Barats, C. (dir.) (2013). Manuel d’analyse du web en Sciences Humaines et Sociales, Paris : Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.barat.2013.01.
Boure, R. (ed.) (2002a). Les origines des Sciences de l’information et de la communication. Regards croisés, Villeneuve d’Ascq : Presses du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.113448
Boure, Robert (2002b). « Présentation : Le droit au passé ». In Robert Boure (dir.), Les origines des sciences de l’information et de la communication, Villeneuve d’Ascq : Presses du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.113468.
Cordonnier, S. (2021). “Looking Back Together to Become ‘Contemporaries in Discipline’”, History of Media Studies, 1. https://doi.org/10.32376/d895a0ea.b8153251.
Cordonnier, S. (2022). “Constituted and Constituting Exclusions in Communication Studies”, History of Media Studies, 2 (June). https://doi.org/10.32376/d895a0ea.d2f41c66.
Corroy, L., Larguier, C., (dir.) (2024). L’expertise dans les médias pendant la pandémie, de la diversité d’experts à la cacophonie, Londres : Iste ed.
Corroy, L., Larguier, C., Pourrez, A. (Eds.) (2024). Health experts in the Media, Between Legitimacy and Controversy, Londres : Wiley.
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Craig, Robert T. (2008). « Communication in the Conversation of Disciplines. » Russian Journal of Communication 1(1), 7–23. https://doi.org/10.1080/19409419.2008.10756694.
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Hardt, H. (2008). « Foreword. » In D. Park and J. Pooley (ed.) The History of Media and Communication Research : Contested Memories, New York : Peter Lang, xi -xvii.
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Waisbord, S. R. (2019). Communication : A Post-Discipline, Cambridge : Polity.