Retraite et société

Langages et discours autour desdits « vieilles » et « vieux »

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Informations éditées à partir d’une annonce Calenda.

Réponse attendue pour le 13/07/2026

Type de réponse Résumé

Type de contribution attendue Article

Nom de la publication Retraite et société

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La revue Retraite et société souhaite interroger et analyser les discours, les mots et les représentations qui entourent les personnes perçues comme âgées. Comment les langages scientifiques, médiatiques, managériaux ou ordinaires participent-ils à construire ou déconstruire, figer ou au contraire renouveler les figures du « vieux » et de la « vieille » ? Quels effets ont ces discours sur la reconnaissance, la place et la parole des personnes concernées ?

Ce numéro propose donc d’explorer les formes linguistiques de l’âgisme : stéréotypes, euphémismes, infantilisation, injonctions à bien vieillir, mais aussi les modalités de l’adresse (elderspeak, langage du soin, discours de contrôle). Comment les mots peuvent-ils exclure ou assigner ? Comment les discours professionnels, notamment dans le monde du travail, contribuent-ils à marginaliser les seniors ?

Il s’agira aussi d’analyser les mécanismes linguistiques qui participent à la construction sociale de la vieillesse : quels termes sont employés, dans quels contextes, avec quelles intentions et quels effets ? Comment les expressions, les tournures et les registres de langue contribuent-ils à produire des catégories identitaires étroites ?

Après avoir consacré un numéro à la sociologie de l’âgisme (parution automne 2026), la revue Retraite et société souhaite donc désormais explorer l’aspect linguistique des discours, langages et expressions entourant les personnes identifiées ou perçues comme âgées, qu’elles soient ou non à la retraite. Ce nouveau projet invite à une réflexion critique sur les usages langagiers qui façonnent les rapports sociaux liés à l’âge et pourra ainsi s’articuler autour des questionnements suivants :

Axes du dossier

1. Dire le langage vieillot : perceptions, catégorisations, usages

Qu’entend-on par un « langage vieillot » ? Quels sont les mécanismes qui président à cette catégorisation ? À partir de quel moment un mode d’expression (un mot, une tournure) devient-il celui des grands-parents, des parents – un langage marqué par le temps, relégué au rang de démodé, ringard, obsolète ? Quels critères – sociaux, générationnels, médiatiques – façonnent cette perception ? Il s’agit d’analyser les processus d’exclusion linguistique, les effets de mode et les glissements sémantiques qui participent à la construction d’un langage stigmatisé. Les contributions peuvent aussi explorer les répertoires d’expressions dites vieillottes, leur circulation, leur réévaluation ou leur détournement dans les pratiques culturelles et numériques contemporaines. Par exemple, les sites sont nombreux où l’on répertorie les « expressions qui te font passer pour un vieux » mais qui peuvent aussi rendre ringards des usages devenus courants et non plus spécifiques d’un langage jeune. Que se cache-t-il réellement derrière les mots et autres langages excluants, normatifs ?

2. Discours discriminants : mécanismes et impacts

Ce deuxième axe propose d’examiner les discours tenus dans différents contextes – scientifique, médical, médiatique, managérial, politique – et les stéréotypes qu’ils véhiculent.

Comment « les vieux et les vieilles » sont sans cesse racontés, récités de l’extérieur, enfermés dans des représentations étroites qui les privent de prises linguistiques et, par extension, de penser un droit à la parole ? Les discriminations s’appuient sur des stéréotypes véhiculés notamment dans les discours tenus sur ceux considérés comme « les vieux », y compris dans la littérature, le discours scientifique ou médical ou encore dans la parole managériale ou entrepreneurial… Comment les choix lexicaux et discursifs façonnent-ils la perception sociale de la vieillesse ? Comment en parlait-on hier et comment en parle-t-on aujourd’hui ? Quelles sont les formes contemporaines de l’âgisme linguistique, et comment se manifestent-elles dans les sphères professionnelles ? Comment dit-on la vieillesse dans nos sociétés contemporaines où les discours discriminants peuvent se décomplexer ici et là ? Plus spécifiquement dans la sphère travail, comment les discours managériaux et professionnels (RH) contribuent-ils progressivement à une forme de marginalisation des travailleurs et travailleuses âgées ? Quels éléments langagiers construisent implicitement l’idée d’un recul ou d’une mise à l’écart professionnelle liée à l’âge ?

3. Parler aux personnes âgées, entre stigmatisation et contrôle

La manière dont on s’adresse aux personnes âgées est bien souvent différente et façonne leur place dans la société. Ce dernier axe s’intéresse à ces modalités d’adresse : comment leur parle-t-on, dans quels registres, avec quelles intentions ? Il s’agira d’analyser les formes de langage spécifiques (elderspeak, langage du soin, tutoiement imposé, simplification excessive…) qui traduisent des rapports de pouvoir, de contrôle ou de mise à distance. Comment les discours adressés aux « vieux et vieilles » participent-ils à leur infantilisation ou à leur exclusion symbolique ? Comment le souci de « bien faire » et de « ne pas discriminer » peut se concrétiser sous forme d’un discours particulièrement stigmatisant (glissements entre bienveillance et contrôle, entre souci du soin et infantilisation) ? Ce volet invite à une réflexion sur les normes implicites qui régissent la parole adressée aux personnes âgées et sur les enjeux éthiques et politiques qu’elle soulève. Les contributions pourront également explorer les effets croisés des rapports sociaux de classe, de genre, de race et de sexualité sur ces pratiques langagières.

Finalement, l’enjeu de ce numéro est d’analyser les discours sur les vieux et les vieilles pour développer une approche compréhensive des rapports sociolinguistiques qui se structurent autour de l’âge et du vieillissement. Des mots pour dire la vieillesse, de quelle que façon que ce soit, jusqu’à la réappropriation d’une parole collective et publique, laquelle pourra également faire l’objet de contributions à ce numéro.

À noter

Si la problématique de ce numéro s’appuie sur l’analyse linguistique dans un milieu francophone, les travaux en langues étrangères feront l’objet d’une égale attention. Enfin, la revue Retraite et société étant ouverte à la pluridisciplinarité, les textes retenus pourront s’inscrire dans plusieurs champs, tels que la linguistique, la sociologie, la philosophie, l’histoire, etc. ou/et au carrefour de ces disciplines.

Conditions de soumission

  • Si vous souhaitez contribuer à ce dossier, merci de nous adresser : titre, liste des auteurs, mots clés et résumé (350 mots) pour le 13 juillet 2026 en écrivant directement à la revue : retraiteetsociete@cnav.fr ou en remplissant le formulaire en ligne.
  • Vous serez avertis de l’acceptation ou du refus de votre proposition avant le 3 août 2026.
  • Si la proposition est acceptée, les contributions complètes seront à envoyer pour le 16 novembre 2026 au plus tard à retraiteetsociete@cnav.fr
  • Les auteurs dont les articles auront été acceptés seront invités à fournir une version définitive, amendée si besoin des révisions demandées par les relecteurs, selon un calendrier fixé par la rédaction. Calibrage des articles : 40 000 à 70 000 signes (espaces comprises, en incluant résumé, notes et bibliographie).

Évaluation

Les articles seront soumis à une relecture en double aveugle.

Politique éditoriale de la revue

Pour toute demande d’information, écrire à : retraiteetsociete@cnav.fr

Coordination scientifique

  • Laurence Rosier (professeure d’analyse du discours et de didactique à l’université Libre de Bruxelles)
  • Renaud Maes (rédacteur en chef de La Revue nouvelle, chargé de cours à l’université libre de Bruxelles [ULB] et professeur invité à l’université Saint-Louis, Bruxelles)