Plateformes et usages : cinéma, télévision, jeu vidéo et création numérique

Réponse attendue pour le 29/04/2023

Type de réponse Résumé

Type d’événement Colloque

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Dates de l’événement
  • Du au

Lieu de l’événement Université de Montréal, Montréal , Canada

Le premier colloque « Networking Images – Approches interdisciplinaires des images en réseaux » a eu lieu en 2011 à la Sorbonne-Nouvelle. Un peu plus d’une décennie plus tard, ce colloque international propose de revisiter le sujet des images en réseaux à la lumière de ses évolutions techniques, sociales et académiques. Cet événement organisé conjointement par l’Université de Montréal et l’Université Sorbonne-Nouvelle aura lieu à l’Université de Montréal les 2 et 3 novembre 2023.

Présentation

Les plateformes ne sont pas des coquilles vides, de simples supports numériques permettant l’expression de toutes et de tous : elles reconfigurent nos modalités d’appréhension des contenus. Dans le présent colloque, nous proposons d’explorer cette tension entre appropriation et partage.

Du côté de la réception comme de la création, force est de constater que les usages se voient reconfigurés par les plateformes numériques. Les logiques de « coopétition » (Smyrnaios & Rebillard, 2019) à l’œuvre entre elles ou encore leur propension, abusive, à se voir comme des intermédiaires neutres (Poell, Nyborg, Duffy, 2019), sont autant d’indices qui permettent d’entrevoir un champ de recherche foisonnant, où les questionnement éthiques, communicationnels et sémiotiques se font jour. Lorsqu’André Gunthert définit « l’image conversationnelle » propre aux réseaux sociaux numériques, il s’interroge plus spécifiquement sur « l[’]autonomisation de la conversation visuelle, par l’intermédiaire d’outils de collection et de rediffusion d’images » (2014). Aujourd’hui, ces pratiques conversationnelles de l’image semblent s’éclater en un devenir plus collectif : les créateurs de contenus, les consommateurs et les utilisateurs (users), s’expriment dans un cadre polyphonique. La mise en réseau(x) de ces différentes voix passe notamment par les plateformes, chargées a priori d’ordonner et de mettre en commun des opinions, des communautés de sens et de pratiques.

Comment les médias traditionnels, acteurs historiques et souvent présents de longue date sur Internet, se saisissent-ils de ces outils plateformisés ? Quels sont les contre-modèles, les alternatives, qui viennent s’opposer à cette mainmise de quelques acteurs numériques et économiques ? De quelle manière les fans, les spectateurs enthousiastes, s’accommodent-ils de ces logiques économiques qui ont tendance à se servir de leur travail pour alimenter les tubes ? Enfin, comment la culture du direct, venant petit à petit s’immiscer dans un web de la VOD et de l’archive, a-t-elle modifié notre rapport à la création en ligne ?

Cet appel à communication, destiné prioritairement aux doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s, propose quatre axes thématiques qui interrogent différents types d’usages et d’expériences :

Axe 1 – Plateformes et médias traditionnels

L’idée de ce premier axe est d’interroger le lien entre les plateformes et les médias audiovisuels traditionnels (télévision, cinéma, etc.). Dans quelle mesure les médias subissent-ils la plateformisation ? Quand en tirent-ils profit ? Et lorsqu’ils le font, à quelles fins ? Les plateformes sont-elles utilisées seulement comme des outils de communication et de diffusion ? Représentent-elles un prolongement de l’expérience audiovisuelle ? Une place sera également faite aux questions de réception, notamment à partir des éventuelles tensions entre les stratégies des institutions « traditionnelles » sur ces plateformes, et l’utilisation de ces contenus par les utilisateurs. Enfin, les contributions pourront se demander dans quelle mesure la plateformisation transforme les médias traditionnels, et à l’inverse ce que les plateformes récupèrent de ces médias.

Axe 2 – Modèles alternatifs et usages militants des plateformes

Un petit nombre de grands groupes détient les plateformes de diffusion et d’échanges autour des contenus culturels, en occident notamment. Leur mainmise sur les usages amène à s’interroger sur le cadre plus ou moins restrictif qu’elles peuvent imposer aux créateur⋅ices et utilisateur⋅ices. Cependant, plutôt qu’abandonner définitivement l’idée d’un internet émancipateur, de nombreux modèles alternatifs existent. Certains modèles antérieurs, comme le hors-ligne, ont-ils un rôle à jouer à ce niveau ? Les contenus de « niche » doivent-ils inventer leur propre modèle ? Quelle place pour le piratage et le libre ? Le fonctionnement des plateformes dominantes peut-il être utilisé à des fins militantes ? Plus généralement, cet axe proposera d’orienter la réflexion vers les usages marginaux et engagés des plateformes de diffusion et de communication.

Axe 3 – Pratiques spectatorielles à l’ère de la fandomisation des plateformes

Étant à la fois un consommateur et un producteur de contenus médiatiques, le « prosumer  » (Toffer, 1980) qu’est devenu le spectateur œuvre à pérenniser la « culture participative » (Jenkins, 2006) sur laquelle repose le « capitalisme émotionnel » (Illouz, 2007, 2019). Les plateformes étant des nexus de l’activité spectatorielle, les communications pourront se pencher sur les pratiques endémiques qui y émergent et les particularités de productions qu’induisent les formats imposés/fonctionnalités proposées par ces différents sites. Il s’agira d’examiner la participation online en se focalisant sur la manière dont les usagers, à l’heure de la « fandomisation des plateformes digitales » (Yin, 2021), poursuivent les développements transmédiatiques de récits audiovisuels à travers des gestes singuliers.

Axe 4 – Le devenir artistique du flux en direct : création collective en espace numérique instable

La diffusion de programmes en direct n’est assurément pas une nouveauté, c’est au contraire un classique des médias dits traditionnels (télévision, radio). Avec Twitch, ce rapport se trouve reconfiguré : pris dans un dialogue quasi-synchrone entre un streamer et son public, le direct est le moyen le plus efficace de créer un espace communicationnel riche d’échanges horizontaux, co-construits et créatifs. Avec les spaces Twitter, Twitch, Instagram Live et Facebook Live, ce sont autant d’espaces de diffusion et de création de contenus en direct qui se sont créés. L’interactivité entre les différents participants (diffuseurs, public) permet une exploration nouvelle de la matière créative en train de se faire. Cette reconfiguration des espaces dialogiques vaut aussi pour les œuvres filmiques, qui se trouvent prises dans cet espace singulier qu’est le direct. Comment définir cette extension du domaine du react, appliqué à toutes les formes artistiques ?

Nous vous demandons d’envoyer vos propositions rédigées en français ou en anglais à l’adresse colloque.plateformes.et.usages@gmail.com pour le 29 avril 2023. Les réponses seront données au début du mois de juin.

Plusieurs modalités d’interventions sont envisageables :

  • Une communication orale d’une vingtaine de minutes.
  • Un poster.
  • Certains échanges pourront avoir lieu en dehors du colloque et prendront la forme d’émissions de radio produites avec CISM, avant l’événement.
  • La présentation de travaux en recherche/création est bienvenue et pourra s’accompagner d’une participation à l’exposition au Carrefour des arts et des sciences de l’Université de Montréal qui accompagnera le colloque.

Les propositions devront comporter les éléments suivants :

  • Titre de la proposition
  • Résumé de la proposition : 1 500 caractères maximum, espaces compris (environ 200 mots)
  • Précisant : Nom de(s) auteur(s)/autrice(s), institution(s) de rattachement.
  • Axe dans lequel s’inscrit la communication
  • Modalité de communication préférée

Évènement organisé avec le soutien du Labo Télé, du GRAFIM, du Partenariat CinEXmedia, du CRIHN, du Labex ICCA, du CIM, de l’IRMECCEN et de l’IRCAV.

Comité organisateur : Christine Bernier, Vincent Bilem, Florian Body, Marta Boni, Joyce Cimper, Barbara Laborde, Joa Neves, Guillaume Soulez, et Zaira Zarza.

Comité scientifique : Laurence Allard, Dominic Arsenault, Marie-France Chambat-Houillon, Franck Rebillard, Carl Therrien.