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Lieu de l’événement Université de Liège, Liège , Belgique
Argumentaire
Les technologies numériques et, en particulier, l’intelligence artificielle (IA) s’imposent aujourd’hui comme des objets majeurs de réflexion pour les didactiques et les sciences de l’éducation et de la formation. Leur développement rapide transforme non seulement les outils disponibles, mais aussi les conditions mêmes de la conception pédagogique, de l’enseignement en classe, du suivi des apprentissages et de l’évaluation. Dans cette perspective, il ne s’agit plus seulement de s’interroger sur les usages du numérique et de l’IA en éducation, mais de penser les transformations profondes induites par ces technologies dans les manières de concevoir, d’enseigner, d’apprendre et d’évaluer alors même que ces technologies sont désormais accessibles aux enseignant·e·s comme aux apprenant·e·s.
Cet appel à communications propose de considérer ces transformations à travers une conception de l’ingénierie de formation pensée au croisement de quatre actes indissociables : concevoir, enseigner, apprendre et évaluer (bien que ce dernier puisse aussi être considéré comme faisant partie des trois premiers). Cette approche permet de dépasser une vision purement instrumentale ou techniciste du numérique pour l’inscrire dans une réflexion sur les dispositifs, les gestes professionnels (autant des enseignant·e·s que des apprenant·e·s alors perçu·e·s comme des professionnel·le·s de l’apprentissage), les interactions pédagogiques et les conditions de l’apprentissage. Elle conduit également à réintroduire une interrogation didactique forte : quels savoirs sont sélectionnés, organisés et médiatisés par les environnements numériques ? Quelles tâches rendent ces savoirs accessibles, problématisables ou transférables ? Quels obstacles, malentendus ou formes de compréhension ces dispositifs produisent-ils ou rendent-ils visibles ? Sous cet angle, le numérique ne relève pas seulement d’une ingénierie des moyens, il engage une ingénierie des situations, des savoirs et des médiations. En particulier, les outils numériques, et singulièrement l’IA, peuvent notamment contribuer à l’analyse des besoins, à la planification des activités, à la production de ressources, à la personnalisation des parcours, au feedback, à la régulation des apprentissages et à l’évaluation, tout en soulevant des enjeux éthiques, épistémologiques, didactiques et institutionnels majeurs (Céci et al., 2026 ; Holmes et al., 2019 ; UNESCO, 2023).
Ce colloque souhaite accueillir des contributions théoriques, empiriques et méthodologiques qui interrogent les usages, les effets et les limites du numérique en général, et de l’intelligence artificielle en particulier, dans les pratiques éducatives. Il s’agira notamment d’examiner comment ces outils reconfigurent la conception pédagogique, transforment les gestes enseignants et apprenants, influencent les stratégies d’apprentissage et imposent de nouvelles exigences en matière d’intégrité académique, de transparence, de responsabilité et d’équité (Fenoglio, 2023, 2025 ; Kasneci et al., 2023 ; UNESCO, 2023). L’objectif est de favoriser un dialogue scientifique sur les conditions d’une intégration du numérique en éducation, à la fois critique, efficiente et raisonnée en Anthropocène (perçu au sens de contexte impliquant la prise en compte de l’empreinte du numérique sur les limites planétaires) (Céci et al., 2024). Cette attention à la sobriété numérique et à l’empreinte environnementale des technologies constitue une préoccupation transversale, susceptible d’être interrogée dans chacun des quatre axes : concevoir, enseigner, apprendre, évaluer.
Retrouvez l’intégralité de l’appel, ainsi que les modalités de soumission, dans le fichier ci-dessous.