Actes_Doctorales_17

Actes des Doctorales SFSIC 2017 - introduction

Actes des Doctorales de la SFSIC 2017

Présentation


(NB: les noms sont cliquables et mènent aux textes des auteurs)

Les 14, 15 et 16 juin 2017, la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (Sfsic) en partenariat avec le laboratoire Elico (équipe d’accueil 4147) ont organiséles Doctorales 2017 à l’Enssib (Lyon-Villeurbanne). Elles ont été l’occasion d’une recension de nouveaux objets de recherche portés par les thèses en cours et/ ou soutenues, d’étudier des démarches et acceptions théoriques en Sic, comme l’émergence de nouveaux champs et/ou segments professionnels.

La présente publication des actes des Doctorales de la Sfsic 2017  est l’objet d’une éditorialisation. En effet, les textes collectés rendent compte d’ajouts, de consolidations par rapport aux communications orales des doctorants et docteurs. En particulier, des suggestions et pistes de réflexion, élaborées collectivement lors du colloque, ont été intégrées spécifiquement pour leur édition numérique.

Les actes abordent plus largement les usages numériques et les réseaux sociaux, les représentations, les identités et les reconnaissances, la gestion de l’information et des médias, les comportements et les organisations, les cultures et les institutions, l’épistémologie et la méthodologie. Au travers de ce foisonnement d’objets et de conceptions de recherche, des thématiques structurantes peuvent être discernées :

1. Les enjeux de construction de collectifs territoriaux sont abordés dans les terrains de recherches Sic, dans une dimension politique et publique, en termes de sentiments d’appartenance identitaire. La communication publique et/ou politique, locale et territoriale, hexagonale ou internationale est investiguée dans plusieurs textes. Mathieu Fusi évoque des registres de la dimension symbolique de la communication de l’exécutif français lors des crises financières internationales. Nicanor Tatchim étudie la diversité culturelle dans le discours de l’Etat au Cameroun, oscillant entre construction de l’unité nationale et opération de fermeture du débat identitaire. Simon Ngono questionne l’espace public des débats télévisés dans le contexte « post-libéral » camerounais. Thomas Bihay traite de l’idéologie créative au service de la communication locale, en prenant comme terrain d’étude le cas de la Métropole de Lyon. Lauriane Guillou explore les archives audiovisuelles au Festival d’Avignon comme objet communicationnel au confluent de la mémoire institutionnelle, individuelle et collective.
Les ancrages identitaires sont aujourd’hui renouvelés dans les usages des Tic. C’est ce que l’on peut mesurer dans la mobilité, voulue ou forcée, l’exil et les diasporas abordés par Jessy Patrice dont la thèse a porté sur les identités et pratiques culturelles des Martiniquais installés en France métropolitaine, d’une part, et  Sarah Rakotoary qui travaille sur les pratiques sociales de la diaspora malgache sur Facebook, d’autre part.

2.     Les outils et supports des Tic constituent désormais des champs de recherche classiques des Sciences de l’information et de la communication. Mais les recherches émergentes montrent des préoccupations épistémologiques pour saisir les développements des Tic. Les pratiques en ligne proposent aux jeunes chercheurs de nouveaux terrains d’enquête qui nécessitent des ajustements méthodologiques. Alexandre Delorme s’interroge ainsi sur la méthodologie à choisir pour l’étude de hashtags, en prenant le cas des Rencontres Trans Musicales de Rennes. Les réseaux sociaux numériques sont questionnés par Danielle Mbambe Bebey, dont les recherches traitent de la « Facenographie » ou la possibilité d’étendre la netnographie sur tous les réseaux sociaux numériques. Camille Imhoff examine les configurations et les sens d’une « communauté virtuelle » sur un réseau social d’entreprise (RSE). Adeline Entraygues analyse les pratiques prescrites scolaires et les pratiques informationnelles informelles (RSN) comme concourant à la culture de l’information au lycée. L’articulation des espaces documentaires réels ou en ligne par les CDI est approfondie par
Florence Michet. Ainsi l’appréhension des articulations entre espaces virtuels et réels est vue dans une pluralité d’angles.

            Les écritures numériques reconfigurent le traitement des informations et leur éditorialisation. L’accélération qui souvent les accompagne, est peut-être à l’origine de manquements dans les pratiques journalistiques, notamment celles du fact-checking relevées par Laurent Bigot. Pour sa part, Ugo Moret aborde les nouvelles formes éditoriales en ligne. Daniel Pélissier souligne le passage des big data aux thick data dans la communication numérique de recrutement et la co-construction identitaire des organisations. Les politiques de protection des données s’avèrent cruciales à une époque de forte numérisation des vies de chacun, remarque Julien Rossi dans une optique d’analyse des controverses et des traces.

3.     Mais la communication des organisations n’est pas seulement interrogée par le prisme des pratiques en ligne, celles-ci sont aussi organisationnelles et sociales, interactionnelles. Ainsi, Aurélia Dumas conjugue la communication organisationnelle à la communication affective en approfondissant les dispositifs de prévention de la santé et de la sécurité au travail sous une perspective analogique aux dynamiques médiées. Thierry Bellance relie la « réussite » à l’université aux pratiques et compétences informationnelles entre trois groupes d’acteurs (enseignants, étudiants, bibliothécaires).

4.     Les méthodes en Sic sont l’objet de multiples réflexions. Elsa Tadier souligne les enjeux de recherche aux prises avec le vivant, entendue comme une réflexion pour une démarche sémiologique prenant en considération le mouvement des objets livres et « leur vie sociale ».  Hélène Burzala-Ory décrit les éléments d’une enquête qualitative in situ qui repère les représentations et les pratiques de consommation des légumes dont les niveaux de consommation ne progressent pas significativement.

5.     Les supports médiatiques représentent des enjeux d’approche pluriscalaires. Concernant les médias télévisuels, Lucie Alexis envisage différentes méthodologies possibles en Sic et les conditions de production de connaissances sur les terrains politiques et médiatiques en matière de télévision publique. L’analyse de discours est également choisie par Sophie Dubec afin d’éclairer les diverses représentations médiatiques des pères familicides. Concernant la presse écrite, Florence Chiavassa compare les articles consacrés à l’actualité spatiale (science et technique) dans trois quotidiens généralistes français pour transmettre ces sujets scientifiques dans des logiques de grand public. Fanny Ros examine la couverture médiatique de la Révolution Cubaine et une propagande implicite dans la presse franquiste, comme exemples de valeurs patriarcales. Mélina Skouroliakou prend pour objet le traitement des crises économiques grecque et espagnole dans la presse française dans une visée comparative.

 
Bonne lecture à tous !

Dominique Bessières* et Laurence Corroy-Labardens**
Co-éditeurs des Actes des Doctorales Sfsic 2017
*Maître de conférences en Sic - Université Rennes 2 PREFICS EA 7469
**Maître de conférences HDR en Sic - Université Sorbonne nouvelle Paris 3 Cerlis UMR 8070