Écrire fait partie intrinsèque du quotidien des chercheuses et chercheurs en Sciences de l’information et de la communication (SIC), mais « ce dénominateur commun masque à l’évidence une grande diversité quant aux pratiques d’écriture » (Le Bart et Mazel, 2021, p. 7). L’écriture intervient à différentes étapes de la production des connaissances. Elle comprend d’abord des « écritures intermédiaires » (Achard, 1994), qui permettent de structurer la pensée et le raisonnement, de confronter des données, participant à l’évolution conceptuelle des connaissances (Berthelot, 2003). Elle participe également à la production des traces de l’enquête, à travers des formes diverses – visuelles, graphiques, sonores, filmiques ou encore performatives – mobilisées dans les processus d’observation, d’analyse et de restitution. Enfin, l’écriture scientifique ne se limite pas à la publication académique entendue comme un ensemble de connaissances certifiées par et entre pairs : elle engage aussi des stratégies de médiation, de circulation et de valorisation des savoirs auprès de publics variés (Jeanneret, 1994). Le terme d’« écriture » est ici entendu dans une acception large, qui dépasse la seule dimension langagière ou textuelle du « langage scientifique », pour mettre l’accent sur les dimensions subjectives, matérielles, médiatiques, relationnelles et situées de la production des savoirs, en intégrant les formats, les dispositifs et les pratiques qui rendent possible leur élaboration et leur circulation.
L’écriture scientifique est devenue un objet de recherche à part entière en SHS depuis les années 1970, dans un contexte où les chercheur·se·s, entre autres les sociologues, anthropologues, historien·ne·s, linguistes, rendent simultanément compte du contexte social et du contenu scientifique, en s’interrogeant sur les modes d’élaboration du savoir scientifique (Lefebvre, 2006). Ils et elles questionnent alors les conditions nécessaires au développement scientifique ou encore les relations qu’entretiennent les sciences et la société. En SIC, les années 1990 sont marquées par les premières études critiques sur les « écrits d’écran » interrogeant l’écriture et ses « nouveaux » formats numériques (Jeanneret et Souchier, 1999 ; Souchier et al., 2019). L’écriture scientifique n’est dès lors plus envisagée comme un simple support de diffusion des connaissances ; elle devient un « dispositif » de production des savoirs, où le sens et la forme ne sont plus dissociables et où se jouent également des rapports de pouvoir liés aux normes d’écriture, aux conditions de légitimité et aux modalités d’énonciation scientifique (Foucault, 1971). D’autres travaux ont mis en évidence la multiplication des pratiques collectives centrées sur le document numérique (Zacklad, 2007 ; Zacklad et al., 2007), y compris pour la production des écrits scientifiques. Au prisme de la notion de « document », ces écrits sont aussi envisagés comme un ensemble de fragments issus d’annotations et de transactions entre des chercheur·se·s impliqué·es, « mettant en jeu leur “self” et des connaissances liées à la production d’une “œuvre” […] » (Zacklad, 2007, p. 2). Ces dynamiques prolongent la conception de l’écriture comme dispositif de production des savoirs, en soulignant sa dimension distribuée et collaborative.
Dans leur ouvrage, Le Bart et Mazel (2021) font l’hypothèse d’une standardisation des pratiques d’écriture en SHS fondée sur la quête d’un idéal positiviste de neutralité, emprunté des sciences dures, qui plaideraient pour faire du langage un instrument aussi neutre que possible. Il s’agirait ainsi de rechercher une « écriture froide, désencombrée d’affects et de subjectivité, pour dire, avec les outils d’objectivation par exemple statistique, la réalité vraie du monde social » (Le Bart et Mazel, 2021, p. 10). Or, bien que le « savoir écrire » hérité d’une tradition scolastique semble faire partie intrinsèque des « compétences » exigées pour l’exercice du métier de checheur·se en SIC, on observe des pratiques d’écritures plurielles au sein de la discipline.
Ces écritures plurielles sont parfois renvoyées au statut d’écrits « alternatifs » évoquant ainsi une prise de distance critique à l’égard des modèles académiques conventionnels. En même temps, l’« alternatif » peut aussi renvoyer aux diverses injonctions composant les appels à projets actuels, visant à donner à voir la recherche en train de se faire (Renaud, 2025). Ces injonctions s’appuient souvent sur une « culture des livrables » directement associée aux logiques de financement de la recherche par projet ou des commandes scientifiques, se conformant parfois à des formats associés à des logiques marchandes (comme ceux promus par des réseaux socio-numériques ou par d’autres acteurs économiques) ou encore à des méthodes de travail managériales. Ces écritures sont aussi pensées dans leurs dimensions « créatives » ou « expérimentales » impliquant la dimension sensible de celle ou de celui qui écrit. Elles tendent également à investir des espaces de visibilité élargis. Alors même que la corporalité, les affects, les sensations sont convoquées dans ces pratiques d’écriture, demeure la question de la généralisation des constats et de la démontrabilité des résultats scientifiques. Elles font ainsi apparaître des tensions fortes entre scientificité, expressivité et reconnaissance disciplinaire.
En outre, tandis que l’écriture scientifique collective tend à être valorisée, entendue comme une entreprise assumée d’effacement des subjectivités, « la production scientifique n’étant pas celle d’un intellectuel isolé, elle est le fait d’un collectif (unité, équipe, réseau…) » (Le Bart et Mazel, 2021, p. 12), elle interroge davantage quand il s’agit d’impliquer des acteur·trice·s académiques et non-académiques (entreprises, organisations publiques, collectifs de la société civile, artistes, citoyen·ne·s). L’écriture scientifique faite à plusieurs voix, et notamment par plusieurs catégories d’acteurs, postule un dialogue entre savoirs dits « savants », scientifiques ou académiques ; savoirs dits « experts » ou analogiques ; et savoirs « expérientiels » (Gardien, 2017 ; Amaré et Valran, 2017). Elle peut exiger une adaptation des normes, investissant d’autres genres d’écrits (narratifs, poétiques, pédagogiques), et s’inscrire dans des démarches de recherche-action, de recherche-création ou, plus largement, de sciences participatives (Bouillaguet, 2024).
Plusieurs numéros de revue récents en SIC ont interrogé ces écritures polyphoniques, autour de la « recherche-intervention » dans le champ de la communication organisationnelle (Ruelland et al., 2020 ; De La Broise et al., 2022), autour des cultures de conception et de co-design (Bonnet, 2021) ou encore des sciences participatives au prisme des SIC (Pascual Espuny et al., 2021). D’autres initiatives, telles que celles portées par le Groupe d’Études et de Recherche (GER) « Recherche et Création » de la SFSIC[1], appellent à articuler différentes postures, en associant pratiques artistiques et créatives à la production de connaissances, tout en nourrissant ces pratiques par l’heuristique de la recherche. Dans tous ces cas, il s’agit d’interroger les rôles, les responsabilités et les modalités d’engagement du/de la chercheur·se dans la production des savoirs. La dimension éthique renvoie alors autant aux modalités de collaboration, de représentation et de restitution des expériences qu’aux conditions de légitimation des savoirs produits. Ces pratiques mettent également à l’épreuve la validité des démarches théoriques et méthodologiques mobilisées, dont les implications doivent être explicitées tout au long du processus de recherche.
Enfin, il est indéniable que ces écritures plurielles s’inscrivent dans des débats et des luttes à la fois épistémiques et épistémologiques au sein des SIC. Épistémiques, car elles participent à définir la manière dont la chercheuse ou le chercheur s’engage dans la situation étudiée, vis-à-vis de son objet de recherche et de son contexte d’études. Épistémologiques, dans le sens où ces écritures interrogent les frontières des savoirs exigeant un repositionnement presque continu des communautés académiques sur ce qui relève ou non de la discipline et de ce l’on envisage comme « science ». D’autant plus qu’en tant que 71e section du Conseil national des universités (CNU), les SIC relèvent du « groupe 12 », dit « pluridisciplinaire », dans la mesure où les travaux « agence[nt] des théories et méthodes venant d’autres disciplines » dans « des analyses centrées sur des acteurs, des usages, des textes, des documents et des discours, des images, des situations et des contextes »[2]. Si l’interdisciplinarité constitue un fondement de l’identité des SIC en France, elle ne fait toutefois pas consensus comme principe unificateur des pratiques scientifiques de la discipline (Fleury et Walter, 2011). Ces débats témoignent d’une quête récurrente de légitimité des SIC au sein des SHS et, plus largement, dans leurs rapports aux autres disciplines scientifiques.
Ce dossier souhaite prolonger les discussions autour des écritures plurielles menées par des chercheuses et chercheurs en SIC. Comment expérimenter des formes d’écriture aux frontières des normes académiques ? Comment en prendre en compte le corps et les sensibilités des chercheurs·es, ou encore s’immerger dans les terrains et communautés étudiés ? De quelles manières ces tentatives d’écriture interrogent-elles l’autorité et la légitimité des chercheurs·es ? Quels enjeux dans la construction et dans la valorisation des savoirs scientifiques ? Qu’est-ce qui fait discipline ? In fine, ce dossier invite à interroger les écritures plurielles en SIC comme des pratiques situées, traversées par des tensions épistémiques et épistémologiques, par des rapports de pouvoir entre les acteurs de l’écriture, et par des formats et des temporalités hétérogènes.
Les contributions proposées sont invitées à s’inscrire dans l’un des axes suivants ou à en croiser les perspectives, ces derniers n’étant pas limitatifs.
Axe 1 : Reconfigurations des écritures scientifiques en SIC
Cet axe propose d’interroger les transformations contemporaines des normes d’écriture scientifique en SIC, dans un contexte marqué par la diversification des formats, la contrainte des dispositifs d’évaluation et l’accélération des temporalités de production du savoir. Les formes longues et stabilisées coexistent désormais avec des écritures plus courtes, fragmentées et situées – appels à projets, publications rapides, productions intermédiaires – qui reconfigurent les conditions d’élaboration et de diffusion des connaissances. Ces évolutions s’inscrivent dans un mouvement plus large de rationalisation et d’intensification du travail scientifique, participant au déploiement de dispositifs et de structures qui contribuent à la reconfiguration des pratiques d’écriture de la recherche, par exemple, des lieux de pratique de l’enquête et de l’observation comme La fabrique des écritures[3], ou bien la multiplication des résidences d’écriture[4], ou encore le soutien aux travaux de recherche-création comme à l’Université de Rennes avec un label recherche-création[5].
Dès lors, la question de la « publicisation » des savoirs apparaît centrale. Le passage de l’écrit pour soi à l’écrit destiné à des publics élargis engage une dynamique de formalisation et de distanciation vis-à-vis de l’objet scientifique (Licoppe, 1996). Il participe également à une circulation des écrits entre différents espaces – académiques, médiatiques, professionnels – contribuant à brouiller les frontières entre écriture de recherche, communication scientifique et présence du/de la chercheur·se dans la Cité. Ces dynamiques se prolongent aujourd’hui dans les environnements numériques qui participent à redéfinir les modalités d’écriture et de restitution des savoirs (Angé, 2018 ; Chabert, 2025), notamment dans le cadre de démarches de « recherche-création » (Hambefort, 2016). Ces transformations peuvent être mises en perspective avec les travaux en Humanités numériques, qui envisagent les écritures comme des environnements numériques de production et de circulation des savoirs (Doueihi, 2011), ou encore les effets qu’induisent les dispositifs numériques sur la dimension collective et éditoriale des écritures savantes (Sauret, 2020).
Que dire de ces transformations ? Peuvent-elles être lues comme l’émergence d’un nouveau paradigme des écritures de recherche ? Comment les chercheurs·es composent-ils/elles avec des injonctions parfois contradictoires entre standardisation, visibilité et expérimentation, qui redessinent les conditions de production et de circulation des savoirs ? Elles traversent à la fois les formes d’écriture dédiées à la communication scientifique et des formats plus créatifs, inscrits dans une « culture triviale » du/de la chercheur·se et rejouent les frontières entre écriture de recherche et présence publique.
Axe 2 : Poïétique des écritures numériques : formes hybrides et usages de l’IA
À partir d’une perspective critique et « poïétique » (Persillet, 2024), qui se veut centrée sur les processus de création, cet axe propose d’interroger comment les pratiques d’écriture scientifique en SIC se transforment à partir de l’articulation des dispositifs techniques, des contraintes institutionnelles et des environnements numériques. Alors que la matérialité des supports et des formats participe pleinement à la production de sens, l’écriture scientifique se reconfigure au contact de pratiques artistiques, mais aussi d’injonctions issues des industries culturelles, médiatiques et créatives (Alexis et al., 2019).
Il s’agit ainsi d’analyser les phénomènes de résistance ou d’hybridation entre écriture académique, communication médiatique et formats professionnels. Ces dynamiques s’inscrivent souvent dans une tension entre une « scientificité du calcul » dont le numérique supposément révèle « une sorte de réel ontologique immédiatement perceptible », fondée sur des logiques industrielles (Saemmer, 2015), et une « liberté créative » revendiquée fréquemment par les concepteurs·trices d’outils numériques. L’essor de l’IA générative accentue ces transformations en introduisant de nouvelles formes d’agentivité et de production. Les « machines à prédire » (Benbouzid et Cardon, 2018) reconfigurent les conditions d’écriture et participent à une redéfinition du social fondée sur les traces (Boullier, 2015), tout en soulevant des enjeux éthiques majeurs (Bertrand et Gosselin, 2020 ; Zacklad et Rouvroy, 2022).
Dans ce contexte, les contributions peuvent traiter différentes questions. Comment certains·es chercheurs·es en SIC articulent pratiques artistiques et créatives à leurs écritures scientifiques ? De quelles manières les dispositifs techniques et, en particulier, les outils d’IA générative transforment-ils les pratiques d’écriture de la recherche des chercheurs.es ? En quoi le prompt peut-il être envisagé comme une compétence communicationnelle et une forme d’agentivité créatrice (Baillargeon, 2018) ? Comment penser les articulations entre calcul algorithmique et création ? Dans quelle mesure les formats numériques redéfinissent-ils les normes de scientificité et de légitimité ? Enfin, quelles implications éthiques ces transformations engendrent-elles pour la production et la diffusion des savoirs ?
Axe 3 : Écriture, corps et affects dans la production des savoirs
Cet axe propose d’explorer la dimension incarnée et sensible des pratiques d’écriture en SIC, en considérant l’écriture comme une activité traversée par des formes d’implication personnelle (Lambert, 2007). À distance d’un idéal d’objectivité, de nombreux travaux invitent à reconnaître le rôle du corps et des émotions dans les processus de production des savoirs (Martin-Juchat, 2020). L’acte d’écrire ne relève pas seulement d’une opération cognitive, mais engage des perceptions, des sensations, des attachements et des positionnements qui participent à la construction du regard scientifique (Stassin, 2025).
Dans cette perspective, les affects, les émotions, la subjectivité, l’engagement peuvent être envisagés comme des ressources heuristiques au regard des exigences de scientificité. Les écritures réflexives, les démarches auto-ethnographiques ou encore certaines formes de recherche-création rendent visibles ces dimensions en intégrant les conditions situées de production des savoirs dans l’écriture elle-même. Les travaux récents soulignent ainsi l’importance d’écritures que l’on pourrait qualifier de « sensibles », qui articulent images, récits et expériences, et participent à une exploration des formes de connaissance au-delà des formats académiques traditionnels (Bationo-Tillon et al., 2024). De même, les pratiques hybrides d’artistes-chercheurs·es interrogent les manières de « performer » les savoirs, en mobilisant le corps comme vecteur de production et de transmission des connaissances (Boudier et Déchery, 2022).
Ces approches invitent à repenser les formes et les critères de légitimité de l’écriture scientifique, en interrogeant la place accordée à la subjectivité et à l’expérience sensible. Les contributions pourront ainsi explorer différentes questions : comment le corps et les affects interviennent-ils dans les pratiques d’écriture scientifique ? Dans quelle mesure ces dimensions sont-elles reconnues, intégrées ou au contraire marginalisées dans la discipline ? Quelles formes d’écriture permettent de rendre compte de cette dimension sensible sans renoncer aux exigences de formalisation et de démonstration ? Enfin, comment ces pratiques participent-elles à redéfinir les frontières entre écriture scientifique, écriture littéraire et écriture artistique ?
Axe 4 : Écritures participatives et co-construction des savoirs
Cet axe propose d’explorer les écritures scientifiques dites « participatives » comme dispositifs de médiation entre différents régimes de savoirs académiques et non-académiques. L’écriture y est envisagée à la fois comme un outil de traduction, de négociation et de structuration de connaissances permettant la rencontre de mondes sociaux hétérogènes. Ces pratiques interrogent la place et la légitimité des voix engagées dans la documentation des traces et dans la production des données, dans la construction des savoirs, ainsi que dans les modalités de partage de l’autorité scientifique. Elles permettent de repenser les formes de restitution et de circulation des résultats dans une perspective de co-construction (Kollman et al., 2025 ; Bats et May, 2023). Ces pratiques d’écriture invitent également à questionner les conditions éthiques de production et de circulation des écrits, notamment les modalités d’attribution de la parole, de co-énonciation et de partage de l’autorité scientifique, ainsi que les effets potentiels des choix d’écriture en termes de risques réputationnels, d’exposition ou d’invisibilisation des individus et des collectifs, selon la manière dont leurs propos et leurs pratiques sont relatés et interprétés. L’écriture devient ainsi un espace de tension entre validation scientifique et reconnaissance des savoirs situés.
Dans cette perspective, les écritures « participatives » contribuent à transformer les pratiques scientifiques en SIC, en questionnant leurs finalités, leurs méthodes et les postures des chercheurs·es (Pascual Espuny et al., 2021). Ces écritures peuvent ainsi favoriser des dynamiques d’encapacitation des publics non-académiques, s’inscrivant dans une visée entendue comme émancipatrice (Bacqué & Biewener, 2013), ou répondre davantage à des injonctions institutionnelles s’adaptant à des logiques de financement publiques ou privées. D’autres approches questionnent davantage le rôle des sciences et les hiérarchies scientifiques en prenant en compte des savoirs vernaculaires et une perspective élargie du vivant, intégrant même des entités non humaines dans les processus de production des savoirs et les récits du « faire ensemble » (Escobar, 2018 ; Martin-Juchat, 2024). En outre, la prise en compte des corpus scientifiques et patrimoniaux invite à questionner les logiques de documentarisation « participatives » (Chupin, 2016).
Plusieurs questions peuvent être formulées au sein des contributions : comment l’écriture participe-t-elle à la co-construction des savoirs entre chercheur·ses et publics non-académiques ? Quelles formes de légitimité et d’autorité scientifique émergent dans ces pratiques ? Dans quelle mesure ces pratiques favorisent-elles des démarches d’encapacitation des publics impliqués ou reproduisent-elles des logiques institutionnelles ? Enfin, quels enjeux éthiques, politiques et épistémologiques soulèvent ces formes d’écritures « participatives » ? Dans quelle mesure ces formes d’écritures « participatives » peuvent-elles être rapprochées des travaux sur la genèse documentaire et les écritures hypertextuelles (Le Deuff, 2019), qui interrogent les logiques de documentation, d’annotation et de recomposition des savoirs ?
Ce dossier invite ainsi à saisir les écritures en SIC comme des lieux d’expérimentation, de tension et de reconfiguration des pratiques scientifiques. Il s’agit d’interroger ce que ces formes plurielles font aux manières de produire, de légitimer et de partager les savoirs, ainsi qu’aux frontières de la discipline elle-même. Les contributions sont ainsi encouragées à proposer des analyses empiriques, des réflexions théoriques ou des retours d’expérience, susceptibles d’éclairer les transformations contemporaines de l’écriture scientifique, dans toute leur diversité de formes, de contextes et d’enjeux.
Calendrier du numéro
- Lancement de l’appel : Juin 2026
- Date limite de soumission des résumés: 30 Septembre 2026
- Retour aux auteurs sur intention de publication: 1er Novembre 2026
- Remise des articles longs (30 000 à 50 000 signes): 30 Mars 2027
Modalités de soumission
Les intentions de publication doivent inclure :
- Identité des auteurs.trices, appartenance institutionnelle sur la première page ; et titre et texte sur les pages suivantes en format .doc anonymisé ;
- Un titre clair et explicite ;
- Un résumé (3000 signes maximum, hors bibliographie) exposant la problématique, le cadre théorique mobilisé, les méthodes employées et les principaux résultats ou pistes de recherche envisagées ;
- Une liste de références bibliographiques.
Références citées
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Notes
[1] URL https://www.sfsic.org/sfsic-association-information-communication/groupes-detudes-et-de-recherche/ [consulté le 9 mai 2026].
[2] Voir la page du CNU sur les Sciences de l’Information et de la Communication : https://conseil-national-des-universites.fr/cnu/#/entite/entiteName/CNU/idChild/34/idNode/4471-4497 [consulté le 29 avril 2026].
3] https://fabecritures.fr/ [consulté le 07/05/2026].
[4] Par exemple, à l’EHESS : https://www.ehess.fr/jcms/43924_JNewsArticle/fr/deux-projets-de-recherche-creation-en-residence-d-ecriture-au-campus-condorcet [consulté le 07/05/2026].
[5] https://www.univ-rennes2.fr/recherche/label-recherche-creation [consulté le 07/05/2026].