Revue RESET

Technologies numériques et apprentissages

Mis en ligne le

Informations éditées à partir d’une annonce Calenda.

Réponse attendue pour le 11/01/2021

Type de réponse Résumé

Type de contribution attendue Article

Nom de la publication Revue RESET

Coordinateurs

  • Cédric Fluckiger, CIREL, Université de Lille
  • Vinciane Zabban, EXPERICE, Université Sorbonne Paris Nord , vinciane.zabban@gmail.com

Contacts

Argumentaire

On ne nait pas « natif numérique », on le devient. À contre-courant de la conception explicitement essentialisante de cette métaphore populaire, les sciences humaines et sociales décrivent comment se découvrent et s’expérimentent les usages du numérique, et elles se donnent pour programme scientifique d’étudier comment ils se construisent, se déconstruisent, se reconstruisent. Tout usage des technologies numériques s’inscrit dans un contexte et nécessite en effet des apprentissages à la fois techniques et sociaux. Que ces apprentissages aient lieu de manière implicite dans des réseaux de sociabilité ou explicite dans des institutions comme l’école, ils sont une composante essentielle des processus de socialisation.

L’acculturation à de nouveaux outils, de nouveaux usages, de nouvelles normes concerne tous les âges de la vie.

Les enfants sont bien entendu concernés par ces apprentissages, parfois d’ailleurs en tension entre les attendus en matière de cultures numériques portés par l’école et ceux partagés entre pairs ou transmis dans les familles (Fluckiger, 2008). Les élèves entrant à l’école sont ainsi confrontés à des instruments « scolarisés », c’est-à-dire insérés dans une programmation didactique par l’enseignant·e (tablettes, tableaux numériques, logiciels d’apprentissages, etc.). Ceux-ci font l’objet d’une vaste littérature en sciences de l’éducation (voir Baron et Depover, 2019 ou Fluckiger, 2020 pour un panorama) ou en psychologie (Amadieu et Tricot, 2014).

L’entrée dans la préadolescence, qui est déjà marquée par le développement de nouvelles formes de consommation culturelles (Octobre et al., 2010), s’accompagne aujourd’hui de l’accès à de nouveaux supports et espaces de communication individualisés, tel le téléphone portable à l’entrée au collège. Les étudiant·e·s quittant le lycée pour entrer à l’université sont aussi confronté·e·s à des besoins et des usages nouveaux (usage des plateformes universitaires, du mail). L’entrée dans le monde professionnel suppose la rencontre avec de nouveaux outils, ou l’usage renouvelé d’outils déjà familiers. La mise en couple, la cohabitation et encore davantage peut-être la parentalité peuvent à nouveau exiger un réajustement des pratiques médiatiques pour lequel les outils numériques sont encore différemment mobilisés. D’autres domaines de la vie privée comme les loisirs (pratiques artistiques, ludiques, créatives) ou la santé donnent lieu à des apprentissages qui mettent en jeu des technologies numériques, comme le montrent les travaux sur le quantified self (Dagiral et al., 2019). Des contraintes extérieures, comme les récents confinements et restrictions dues à la crise COVID peuvent encore renforcer le recours aux technologies numériques comme instrument de travail, de communication ou de divertissement et imposer ou susciter de nouveaux usages.

Ce numéro propose d’interroger la façon dont les individus articulent, accumulent, superposent, construisent et transposent leurs équipements et leur savoir-faire liés aux technologies numériques au fil du temps, dans le domaine privé comme professionnel. Nous souhaitons en particulier questionner les moments de passage, et porter l’attention sur l’entrelacement des parcours sociaux, biographiques et des parcours d’usage des technologies numériques.

Un tel programme fait appel à des contributions inscrites dans des disciplines (anthropologie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation et de la formation) et champs de recherche variés (le numérique, la jeunesse, les loisirs, les âges de la vie, ou encore la cognition ou la conceptualisation). Cet appel invite donc des propositions d’article inscrites en sciences sociales qui, sur la base d’éléments empiriques, contribuent à une réflexion sur les liens entre technologies numériques et apprentissage. L’explicitation des cadres de référence et des concepts mobilisés est attendue dans les propositions, en tant que condition à toute discussion des apports réciproques des approches théoriques.

Sans prétendre couvrir l’ensemble des questionnements possibles, les propositions pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes de réflexion détaillés ci-dessous :

  1. Représentations et incorporation des techniques numériques
  2. Communautés de pratique, numérique et apprentissages à la marge
  3. Apprentissages, numérique et nouveau rapport aux savoirs et au monde.

Les axes de réflexion sont détaillés dans la version complète de l’appel disponible à cette adresse : https://journals.openedition.org/reset/2416

Les contributions qui mettront en avant la question des ratés ou des échecs d’apprentissages, ou bien encore des difficultés à accéder aux techniques, aux pratiques, aux collectifs, aux instruments de connaissance sont également les bienvenues.

Modalités de contribution

Date limite pour les propositions d’articles (résumé de 3 000 signes maximum, espaces compris et bibliographie exclue) : 11 janvier 2021

Réponse aux auteurs : février 2021.

Date limite de remise des articles (40 000 à 60 000 signes, espaces compris et bibliographie exclue) : 17 mai 2021

Coordinateurs du numéro

Dossier coordonné pour la revue RESET (recherches en sciences sociales sur internet) par

  • Cédric Fluckiger (CIREL, Université de Lille)
  • Vinciane Zabban (EXPERICE, Université Sorbonne Paris Nord).