Methodos. Savoirs et textes

Les humanités numériques à l’ère du web 3.0

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Informations éditées à partir d’une annonce Calenda.

Réponse attendue pour le 20/01/2023

Type de réponse Résumé

Type de contribution attendue Article

Nom de la publication Methodos. Savoirs et textes

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Argumentaire

La publication d’éditions critiques et leur utilisation à des fins scientifiques, deux réalités essentielles à la recherche en sciences humaines, ont beaucoup évolué au fil des révolutions numériques. Avec l’adoption des principes de l’Open Science et leur diffusion au sein de la communauté scientifique, le Web est devenu un lieu désormais incontournable pour la publication et l’exploitation digitale des textes sources. Le développement des Humanités Numériques au cours des dernières années s’est surtout traduit par une multiplication des éditions on-line et de leurs interfaces de présentation et d’interrogation. Cependant, il n’existe pas encore un système standard pour l’encodage et l’analyse des textes. On est surtout très loin d’exploiter tout le potentiel du Web 3.0 (ou Web des données). Pour ne prendre qu’un exemple, assez révélateur au demeurant, le standard de facto de l’édition numérique — les directives de la Text Encoding Initiative sérialisées en XML — a montré ses limites dans la transition aux Linked Open Data, notamment pour ce qui est de l’application des principes FAIR (findable-accessible-interoperable-reusable), lesquels sont le critère et la clé du succès des éditions numériques scientifiques à l’ère du Web 3.0.

Ce qui fait défaut aujourd’hui est surtout un cadre formel et méthodologique à la fois exhaustif et stable qui assure une intégration optimale des nouvelles technologies au domaine des éditions et de leur fruition numérique. Pour exploiter le potentiel du Web 3.0, et ainsi ouvrir de nouvelles possibilités dans le champ des humanités numériques, il est avant tout nécessaire de permettre une connexion significative et une véritable interopérabilité entre, d’une part, les jeux de données et, d’autre part, les objectifs et les standards de leur exploitation scientifique. Afin de réaliser cette interopérabilité, il est crucial de créer des modèles formels qui expriment de manière précise (mais aussi ouverte à différentes interprétations et à différents degrés de certitude) la sémantique des données et des connaissances relatives aux textes édités. Ces modèles doivent être capables non seulement de rendre compte de la nature (souvent incomplète, fragmenté et ambiguë) des textes édités ainsi que de leur contexte historique, culturel et conceptuel mais aussi de permettre la documentation et la validation de la totalité du processus éditorial et de décision de chercheurs. Ce qui est fondamental est que la sémantique (et non uniquement la structure et la syntaxe) de textes encodés soit formalisée de manière à être compréhensible et interprétable aussi bien par des agents humains que par des machines.

Ce numéro veut explorer les nouvelles méthodologies, technologies, standards, modèles de données, outils computationnels et applications qui permettent d’intégrer dans l’édition numérique les aspects majeurs du Web 3.0, notamment le Web Sémantique (jusqu’aux couches les plus hautes et pas encore standardisées, c’est-à-dire unifying logic, proof, trust), l’Intelligence Artificielle (machine learning et machine reasoning), le traitement automatique du langage naturel et la visualisation ou représentation graphique des données.

L’appel à contribution s’adresse aux chercheurs et projets de recherches de toute discipline relevant du périmètre des sciences de l’homme et de la société (linguistique et philologie, études littéraires, histoire et philosophie, sociologie de l’innovation scientifique, logique et théorie de l’argumentation) qui produisent ou utilisent des éditions numériques et qui font appel à des méthodes, modèles et outils computationnels innovants pour la transcription, collation, élaboration et analyse des textes. Une attention particulière sera portée aux études qui, d’une part, intégrèrent une réflexion fondamentale sur les sciences computationnelles et leurs principes (mathématiques et logico-formels, épistémologiques et sémantiques), et, d’autre part, qui proposent des solutions qui soient facilement implémentables, utilisables et qui tiennent compte des besoins spécifiques des chercheurs en sciences humaines. Le but est d’interroger l’état des lieux des relations entre théories et pratiques numériques de l’édition et de la recherche scientifique qui en fait son support privilégié, dans une double perspective, holistique et englobante, qui permette de réaliser ce que les Humanités Numériques devraient être, à savoir un tout qui est plus et mieux que ses parties : 1) l’évaluation de la potentialité, des défis et de l’impact sur les méthodologies et l’architecture conceptuelle de l’application des nouvelles technologies à l’édition et l’analyse textuelle ; 2) la prise en compte des besoins de la recherche en sciences humaines, en fonction notamment de la définition d’un cadre formel standard adapté à ce type de traitement des données en vue de son développement, de sa stabilisation, standardisation et diffusion.

Modalités de contribution

Date limite pour la soumission des propositions : 20 janvier 2023

Les propositions (2500 caractères) doivent être envoyées sous format électronique (Word et PDF) à

  • Leone Gazziero (leone.gazziero@univ-lille.fr)
  • et Anne Dourlens (anne.dourlens@univ-lille.fr)

Une fois la proposition acceptée, les auteurs et autrices enverront leur texte dans le respect des normes décrites sous « Conditions de publication et instructions aux auteurs » sur le site de la revue.

Langues acceptées : Allemand, Anglais, Français, italien.

Une fois l’article soumis, les auteurs recevront un accusé de réception, et un rappel des conditions de publication ainsi que des bonnes pratiques aussi bien du côté de l’auteur que du côté des instances éditoriales de la revue.

Procédure d’expertise

Le rédacteur en chef ou, le cas échéant, un spécialiste du thème traité faisant partie du comité de rédaction, procède alors à une première lecture de l’article pour s’assurer qu’il est conforme aux conditions de publication ainsi qu’aux instructions aux auteurs. Ce premier examen a pour finalité de s’assurer que la forme et le fond de l’article reçu justifient son expertise. À ce stade interviennent notamment les mesures prises par Methodos pour prévenir et traiter le plus tôt possible les éventuelles fraudes caractérisées et notamment la falsification et le plagiat, entre autres à l’aide de logiciels de détection que l’Université de Lille met à la disposition de ses chercheurs et enseignants-chercheurs.

En cas d’acceptation de l’article pour évaluation, deux experts membres du comité de lecture sont invités à remettre leur avis quant aux textes reçus par la revue. Dans la mesure où Methodos pratique la double lecture à l’aveugle des propositions d’article (voir infra « Procédure d’expertise »), les auteurs sont invités à supprimer de leur texte toute allusion explicite qui permettrait leur identification par les experts.

La revue pratique la double lecture à l’aveugle : chaque proposition d’article est anonymisée puis est lue par un expert interne et un expert externe, choisis par le Comité de rédaction. Sont considérés comme internes tous les chercheurs et enseignants-chercheurs appartenant à l’Université de Lille et/ou membres du comité de rédaction ou du conseil scientifique de Methodos. Une grille d’expertise précisant les critères d’évaluation est envoyée à chaque expert dès lors qu’il accepte la responsabilité d’évaluer un manuscrit. Par là, il s’agit avant tout de déterminer l’originalité de l’article, son apport à la recherche sur un thème ou une problématique donnés, la force et la rigueur de son argumentation, la connaissance de la littérature spécialisée sur le sujet, la correction et la clarté de son expression, ou la pertinence du sujet abordé pour la mission et les objectifs de la revue (dont le domaine d’intérêt porte sur la philosophie, la philologie et les sciences du langage).

Le double anonymat est strictement respecté, c’est une condition de la rigueur de l’évaluation. Le comité de rédaction se réunit à l’automne et prend sa décision de publication (ou de rejet) sur la base des deux rapports d’expertise. Dans le cas où il faut arbitrer entre évaluations divergentes, il est fait appel à un troisième expert externe et il est demandé à l’un des membres du comité de rédaction d’expertiser à son tour l’article dont l’évaluation n’a pas été unanime.

Le délai de réception de cette décision après soumission de l’article est d’environ 3 mois. Tous les auteurs, que leur texte soit accepté ou refusé, reçoivent une synthèse des deux expertises réalisées, motivant la décision prise par le comité de rédaction.