Ouvrage collectif

Festivals culturels africains : espaces de promotion des patrimoines et des identités des peuples

Mis en ligne le

Réponse attendue pour le 15/11/2021

Type de réponse Résumé

Type de contribution attendue Chapitre d’ouvrage

Nom de la publication Ouvrage collectif

Contacts

Un appel à contributions est lancé pour l’élaboration d’un ouvrage collectif les « Festivals culturels africains : espaces de promotion des patrimoines et des identités des peuples », sous la direction de Célestine Colette Fouellefak Kana.

Argumentaire

Contexte scientifique

Dans un plaidoyer en faveur d’une approche plurielle et inclusive du patrimoine culturel en Afrique, Pierre de Maret invite les chercheurs et décideurs à réinventer le regard porté sur les cultures africaines, très souvent dominé par la vision européocentriste héritée de la colonisation. Selon lui, cette approche réductrice et condescendante limite le patrimoine culturel africain aux aspects matériels. Or, fondamentalement, les cultures africaines sont dominées par l’oralité : d’où la nécessité de prendre en compte les aspects immatériels du patrimoine (Maret : 1997 & 2001 : 21). Cette situation s’explique également par le fait que les études sur le patrimoine culturel africain restent dominées par une approche beaucoup trop esthétisante ; et d’autre part, par ce que l’ethnologue Rolan Colin qualifie de déni de reconnaissance aux sociétés qui affichent des identités et des cultures différentes.

En Afrique, le patrimoine culturel recèle encore un potentiel immense qui est mis en avant, au travers d’évènements socioculturels qui rythment la vie des communautés.  C’est ainsi que se développent par exemple des festivals patrimoniaux qui fédèrent les peuples, valorisent les identités et stimulent le développement touristique et économique.

Cet appel à contribution a pour objectif la publication d’un ouvrage collectif autour du thème : « Festivals culturels africains : espaces de promotion des patrimoines et des identités des peuples ». Il s’inscrit dans la continuité de l’ouvrage paru en 2017 sous la direction de Célestine C. Fouellefak Kana et Ladislas Nzesse. Il est question de poursuivre les objectifs tracés dans ce premier opuscule. Pour y parvenir, l’approche conceptuelle qui guide ce projet d’écriture collectif consiste d’une part, à placer le patrimoine culturel au cœur de la recherche ; et d’autre part à reconstituer l’histoire de l’Afrique à travers l’étude de son patrimoine.

L’UNESCO dans le texte de la Convention pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel (Para. I, Article 2), définit le patrimoine culturel immatériel comme étant l’ensemble des « pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel ». Parmi les domaines couverts par le patrimoine culturel immatériel figurent entre autres les pratiques sociales, rituels et évènements festifs qui englobent les festivals culturels.

Les axes prioritaires

Cet ouvrage est consacré à l’étude des fondements sociohistoriques, des grands enjeux et mutations qui sous-tendent la pratique des festivals culturels en Afrique, dans une perspective diachronique et transdisciplinaire. Les contributions à cet appel pourront s’articuler autour des trois principaux axes thématiques suivants, susceptibles d’être abordés dans une approche régionale, nationale et/ou transnationale. De même, les contributions qui s’inscrivent dans une démarche comparative et transdisciplinaire sont vivement encouragées.

1. Les fondements sociohistoriques des festivals culturels

Il s’agit dans cet axe de revisiter les fondements sociohistoriques des festivals culturels dans les sociétés africaines. La plupart d’entre eux résultent de la transformation des rites et festivités agraires d’autrefois. En ce qui concerne le royaume Bamoun par exemple, Geary montre dans ses travaux que la fête du Nguon puisse ces fondements dans les rituels agraires qui rythmaient la vie au sein du royaume. Qu’en est-il dans les autres sociétés camerounaises et africaines ? S’agit-il d’une exception culturelle ou d’un fait général ? Les contributions peuvent par exemple montrer l’apport des Africains à la fabrique des identités culturelles plurielles et les différentes influences qui les caractérisent.

Les festivals culturels peuvent aussi être étudiés comme vecteurs d’opportunités des peuples de conceptualiser de façon originale et attractive leur patrimoine culturel. La mise en scène du patrimoine dans un espace social vivant permet de mettre en valeur les aspects matériel et immatériel de la culture productrice. Les festivals culturels apparaissent donc comme des lieux d’expression des richesses culturelles et d’épanouissement des communautés. Il s’agit aussi dans cet axe d’aborder la dimension religieuse mise en avant lors des festivals ; car derrière le faste des festivités, les festivals culturels participent aussi à la revitalisation des Religions Traditionnelles Africaines.

2. Les festivals culturels comme espaces de promotion du patrimoine culturel ; moyens de rapprochement des religions, des cultures et des peuples

L’équipe d’édition est particulièrement attentive aux travaux qui abordent les festivals culturels dans une approche développementaliste et utilitariste. Dans un monde marqué par des conflits et des guerres, les festivals culturels apparaissent alors comme des vecteurs de rapprochement des religions, des cultures et des peuples. C’est ainsi qu’en Afrique, bon nombre de festivals sont devenus au fil du temps, des rendez-vous d’envergure nationale et internationale. C’est pourquoi les festivals culturels sont mis en avant dans la plupart des pays africains comme ciment de l’unité nationale, vecteur de paix, creuset du dialogue interreligieux et espace d’échanges fructueux entre les populations endogènes et exogènes. Des retours d’expériences sur des cas pratiques seront particulièrement appréciés dans cet axe.

Les festivals sont aussi des sources d’attractivité des territoires ruraux avec un impact sur le développement économique et le progrès social. Malheureusement, cet impact ne s’accompagne toujours d’étude concrète permettant de le mesurer. Les propositions qui abordent ces problématiques sont aussi attendues.

3. Mutations et enjeux des festivals culturels, des indépendances à nos jours

Ce dernier axe entend aborder la thématique centrale selon une double approche : prospective et critique. À notre connaissance, aucune étude n’a établi à ce jour une cartographie des festivals culturels africains. Ce dernier axe encourage spécifiquement les contributions qui dressent un panorama des festivals culturels, en identifiant les principaux évènements culturels et en inventoriant les pratiques et représentations, expressions, connaissances et savoir-faire ainsi que les objets et espaces culturels qui leur sont rattachés.

Cet axe accueille des analyses prospectives interrogeant de manière critique les moyens de transformation des produits culturels en produit marchands. Les contributeurs peuvent proposer par exemple des solutions sur les moyens de capitalisation économique de l’industrie des festivals par exemple ; les stratégies d’exploitation des festivals à des fins touristiques ; ou encore, des solutions concrètes à même d’aider les États africains et les communautés à développer des politiques et modèles économiques efficients autour des festivals culturels.

Pour terminer, les retours d’expériences d’acteurs et experts sur le processus d’identification et de préparation d’inscriptions des festivals culturels sur la liste du patrimoine mondial sont aussi attendus.

Sans être exhaustif, voici de manière récapitulative les axes prioritaires dans lesquels peuvent s’inscrire les contributions pour cet ouvrage collectif :

-Fondements socio-historiques des festivals culturels  dans les sociétés africaines ;

-Apports des Africains à la fabrique des identités culturelles plurielles autour des festivals culturels ;

-Festivals comme vecteurs d’opportunités des peuples de conceptualiser  de façon originale et attractive leur patrimoine culturel ;

-Festivals culturels et revitalisation des Religions Traditionnelles Africaines ;

-Festivals culturels comme  ciment de l’unité nationale, vecteur de paix, creuset du dialogue interreligieux ;

-Festivals culturels, sources d’attractivité des territoires ruraux et de développement économique ;

-Panorama des festivals culturels africains- cartographie des festivals culturels africains  et camerounais ;

-Mutations et nouveaux enjeux des festivals culturels : capitalisation économique des industries des festivals culturels/ stratégies d’exploitation des festivals à des fins touristiques

-Processus d’identification et de préparation d’inscription des festivals culturels sur la liste du patrimoine mondial.

Références bibliographiques

BABELON J.-P & CHASTEL A., « La notion de patrimoine » in Revue de l’art, n° 49, 1980, pp. 5-32.

BABELON, J.-P & CHASTEL, A., La Notion De Patrimoine, Paris, L. Levi, 2010.

FABRE, D. (dir.), Émotions patrimoniales, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2013.

FOUELLEFAK KANA, C.C. & NZESSE, L. (dir.), Patrimoine culturel africain : matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, l’Harmattan, 2017.

GAULTIER-KURHAN, C. (dir.), Le patrimoine culturel africain, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001.

GEARY, C., Les choses du Palais : Catalogue du Musée du Palais Bamoum à Foumban (Cameroun), Wiesbaden, Steiner, 1984.

GREFFE, X., La gestion du patrimoine culturel, Paris, Anthropos, 1999.

HEINICH, N., La fabrique du patrimoine, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2009.

LE GOFF, J. (dir.), Patrimoine et passions identitaires, Paris, Fayard, 1998.

MARIANNICK, J., Patrimoine immatériel. Perspectives d’interprétation du concept de patrimoine, Paris, l’Harmattan, 2006.

MANDA TCHEBWA, A., L’Afrique en musiques, tome 3, Panorama des instruments de musique du patrimoine africain, Paris, L’Harmattan, 2012.

SARR, F. & SAVOY, B., Restituer le patrimoine africain, Paris, Philippe Rey/Seuil, 2018.

Société Africaine de Culture, 1er Festival mondial des arts nègres, Dakar 1er-24 avril 1966. Colloque Fonction et signification de l’art nègre dans la vie du peuple et pour le peuple, 30 mars-8 avril [1966]. Organisé par la S.A.C. Acte du colloque, Paris, Présence africaine, 1967.

UNESCO [comité du patrimoine mondial], Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, Adoptée par la Conférence générale à la trente-deuxième session, Paris, 17 octobre 2003.

Fichier(s) attaché(s)