Les mouvements sociaux s’appuient sur un vaste répertoire d’action collective, historiquement situé (Tilly, 1984), qui organise et rend audibles et visibles dans l’espace public les contestations des acteurs mobilisés. Si les performances et modes d’actions contemporains montrent la vitalité d’un tel répertoire (manifestations, pétitions, grèves, etc.), ils investissent souvent le registre de la connivence humoristique, en capitalisant sur les innombrables ressources de la dérision. Dans les comptes rendus de manifestations et d’actions collectives, les recours à l’humour sont régulièrement mis en relief, qu’il s’agisse de la tradition du détournement parodique de slogans politiques, des mises en scène de collectifs féministes comme les protestations chorégraphiées en bleu de chauffe des Rosies en France, ou encore de groupes parodiant des catégories antagonistes, tels les « collectifs de riches » pour dénoncer le mal-logement. Ressource symbolique du collectif, l’humour table sur un principe de connivence – qui suppose des publics une reconnaissance, partagée et euphorique, des formes sociales et culturelles mobilisées. À cet égard, il a vocation à consolider la cohérence du groupe autour d’une revendication commune, lue et légitimée sur le terrain du rire.
L’identification de ces formes spectaculaires de contestation par le rire impose un effort de distanciation critique. D’une part, l’humour est fondamentalement politique : il ne fait pas nécessairement consensus. L’effet d’unisson, auquel ses usages sont mécaniquement associés, n’est pas contradictoire avec les rapports de pouvoir et la dynamique d’inclusion/exclusion (Quemener, 2014). Il peut être traversé par des tensions, mais également être lié à des actions contraignantes, susceptibles de tempérer son capital euphorique (Flandrin, 2021, p. 18). D’autre part, bien qu’on les superpose, tant dans le discours ordinaire qu’en philosophie et en sciences sociales, l’humour et le rire doivent être distingués sur un plan conceptuel (Jaubert, 2018). Cet effort préalable de différenciation a pour but d’éclairer les phénomènes politiques au centre du présent appel à contributions, à savoir les dimensions humoristiques de l’action collective dans les mouvements sociaux.
Des archipels de travaux à des questionnements transversaux
L’examen de la littérature existante sur l’humour dans les mouvements sociaux, avec quelques passerelles vers les études sur la satire et la dérision, permet de situer ces travaux aux ancrages hétérogènes entre les sciences sociales du politique, les sciences de l’information et de la communication et les sciences du langage. Au-delà de quelques ouvrages (Letourneux et Vaillant éd., 2021 ; Passard et Ramond éd., 2021 ; Feldman éd., 2024) et dossiers de références (Mercier, 2001 ; Morin, 2013), et de plusieurs colloques récents qui pensent ensemble humour et formes de domination1, ces recherches restent dispersées. Quatre catégories de travaux, qui se recoupent ponctuellement, peuvent être mises en lumière.
Un premier ensemble de recherches s’inscrit principalement en sociologie politique. On y différencie les usages « internes » (Kutz-Flamenbaum, 2014) de plaisanteries dans les relations entre activistes (Zambiras, 2011), et, dans des approches surtout ethnographiques ou socio-historiques, la place des usages « externes » de discours et d’interventions humoristiques dans les répertoires d’action collective (Hart, 2007 ; Romanos, 2017).
Un deuxième ensemble de travaux, qui poursuit les réflexions initiées par les historiens (Merziger, 2007) et les anthropologues, interroge la politisation « par le bas » au travers de l’humour, à partir d’autres temporalités, notamment en relation avec la censure et la répression étatique. Si ces études se rapprochent des thèmes des résistances, elles ont rompu avec le préjugé selon lequel l’humour serait en soi émancipateur et sans violence (Billig, 2005).
Une troisième catégorie d’études regroupe des analyses inspirées par la théorie bakhtinienne du registre carnavalesque et par les recherches sur les professionnels de l’humour et de la comédie (Duret-Pujol et Quemener, 2020). Les contributions sont souvent attentives aux registres comiques (Sørensen, 2015) et à leurs expressions, voire aux genres humoristiques militants, des clowns aux graffitis et mèmes, puisant notamment dans les outils d’analyse du langage, de la littérature et de la communication.
Enfin, un quatrième ensemble de travaux relie les études des mouvements sociaux et de l’activisme aux recherches interdisciplinaires sur la satire et la parodie (Passard et Ramond éd., 2021 ; Feldman éd., 2024). On leur doit une attention renouvelée au temps court des interventions et des déclarations, comme aux conséquences de la réduction des opportunités politiques dans des configurations spécifiques. Pensons par exemple aux analogies établies entre la parodie – poussée jusqu’à l’absurde – à la fin du régime soviétique (le genre du Stiob) et l’infotainment parodique des années Bush, Obama et Trump aux États-Unis (Boyer et Yurchak, 2010).
L’identification des formes d’humour qui traversent les mouvements sociaux suppose d’interroger en amont l’équivalence communément admise entre le rire, catégorie anthropologique englobante, et les manifestations culturellement situées auxquelles il peut être corrélé. Questionner la pertinence d’un continuum entre le rire et l’humour permet de contourner l’écueil d’une indifférenciation conceptuelle. Celle-ci invisibilise les mécanismes énonciatifs et communicationnels, empiriquement observables, de l’humour (Charaudeau, 2006, 2011 et 2015) sur le terrain des mouvements sociaux, au risque de réintroduire une notion enchantée de l’humour. Si le rire constitue un horizon attendu des formes et pratiques humoristiques, leur déploiement sur des « scènes » différenciées invite également à appréhender ce qui peut échapper à la mécanique du rire et relever d’enjeux propres aux interactions, aux sociabilités et aux circulations. L’humour constitue à cet égard un terrain d’observation privilégié pour penser l’opérativité du travail émotionnel et des règles de sentiments (Hochschild, 2017) dans l’action collective. Il participe aux dynamiques de pouvoir et de conflictualité qui se déploient avec les acteurs extérieurs, mais également dans les relations internes entre militants et participants (Rennes et Veniard, 2024). L’attention portée à la part politique de l’humour ouvre le champ à l’objectivation des formes de « non-rire » (Blais et Dupuis-Déri, 2022 ; Dumas-Kemp, 2019), notamment quand l’humour ne réussit pas l’épreuve du rire : contestations internes des recours à l’humour, inintelligibilité, échecs des occurrences humoristiques, etc. Dans une approche interdisciplinaire, attentive à la grande variété de ses manifestations empiriques, le présent appel à contributions entend ainsi questionner la « vie politique de l’humour » sur le terrain des mouvements sociaux. Il s’agit de croiser les études « avec » l’humour – qu’indique-t-il des processus socio-politiques à l’œuvre dans l’action collective ? – et les études « sur » l’humour – quels formes, pratiques et mécanismes humoristiques les mouvements sociaux mettent-ils en lumière ?
Ce questionnement transversal a vocation à fédérer les contributions autour de trois axes : les manières de dire et de faire l’humour dans les mouvements sociaux, les relations et effets à double sens de « l’humour militant » et les enjeux de médiatisation des formes humoristiques contestataires.
Axe 1 : Dire l’humour dans les mouvements sociaux
La prise en compte des émotions dans l’étude des mouvements sociaux a permis de relativiser des dichotomies discutables entre raison et affects (Revault d’Allonnes, 2026). En prenant acte des dissociations possibles entre énoncés humoristiques et manifestations du rire, il convient d’aborder les modes d’objectivation et d’analyse de l’humour, interne et externe, dans les mouvements sociaux, et de constituer des corpus de données en évitant l’écueil de perspectives « hors-sol » ou « esthètes ». Cet axe peut accueillir des contributions consacrées aux particularités de cet « humour politique », à ses incarnations, ses mises en circulation et ses ancrages dans des modes d’action et des identités collectives (Hart, 2007, p. 17‑18). Les dimensions linguistiques des plaisanteries, les lexiques, les genres humoristiques et les techniques employées (Provenzano, 2015 ; Devriendt, 2020) peuvent y être analysés en détail. Les contributions s’appuyant sur des corpus de slogans (discours, banderoles, chansons, affiches, sitographies, etc.) dans différents contextes de mobilisations (révolutionnaires, féministes, Gilets jaunes, etc.) seront les bienvenues. L’exemple des Rosies, citées en introduction, est connu pour ses détournements parodiques de chansons comme « Y.M.C.A. » des Village People :
On s’lève, on s’casse, on stoppe le paaa-tri-arcat
On prend l’pouvoir et on se baaat, pour nos droits, ah !
Les femmes sont malmené·es, les femmes sont violenté·es,
Culture du viol organisée ! (cité dans Chesné et Yamamoto, 2024, p. 126-127)
Les approches centrées sur les stratégies de communication humoristique dans la représentation de causes seront également pertinentes. Elles pourront se saisir de ces enjeux associés à l’humour militant par l’identification et l’analyse de ses mécanismes récurrents (Hutcheon, 1981), de ses caractéristiques énonciatives et relationnelles – des « blagues entre égaux » aux sarcasmes descendants, en passant par le « rire murmuré » et les affiches satiriques (Speier, 1998, p. 1382-1398). Il s’agira de confronter les outils d’analyses stratégiques, cognitives ou culturelles des mouvements sociaux aux apports d’études attentives aux discours, aux cibles des plaisanteries, aux destinataires, au lexique, aux schèmes d’énoncés humoristiques (Douglas, 1968) et à leurs logiques de circulation (cycles, traductions culturelles, etc.). Enfin, l’axe permettra d’objectiver des conditions d’usage de l’humour – et a contrario des réticences ou des refus à cet usage : en comparaison avec d’autres modalités d’expression mobilisables dans l’action collective, selon diverses temporalités de l’engagement, des mouvements nationalistes aux collectifs altermondialistes, écologistes, etc.
Axe 2 : Ce que l’humour fait aux collectifs militants et inversement
Cet axe questionne la capacité de l’humour à travailler les mouvements sociaux, en élargissant la focale sur les pratiques communes et les aspects « non-utilitaristes » des mouvements sociaux comme leurs sociabilités (Renou, 2020). Dans le prolongement des interrogations sur les conditions d’usage et de non-usage de l’humour, il pourra donner lieu à des études sur leurs déterminants sociaux : trajectoires et ancrages multiples des militants, logiques d’engagement et de désengagement (Fillieule, 2010), etc. Les divers terrains pourront être abordés par des méthodes mixtes, ethnographiques, archivistiques ou d’analyse de discours, pour restituer des « humours mobilisés » en train de se faire. Ainsi, dans la Pologne communiste de 1982, les pratiques de boycott du journal télévisé du régime, en plaçant son poste à la fenêtre ou sur une brouette, s’inscrivent ainsi dans des relations et des habitudes préexistantes, racontées a posteriori (Popovic, 2017, p. 138).
À ce titre, les moments de production de l’humour en contexte militant permettent de saisir des rapports de conflictualité, de domination et de hiérarchie internes et externes, mais également des moments où se (re)négocient appartenances aux collectifs, ressources et légitimités. Or, ces actions acquièrent aussi une visibilité dans la socialisation au militantisme. Les contributions pourront appréhender l’humour comme une entrée empirique pertinente pour penser des sociabilités militantes (Lestrelin, 2020), sans ignorer les inégalités socio-économiques, de genre, de « race » présentes dans les mouvements. Contre des interprétations singularisantes (Berger, 1997) assimilant l’humour à un interlude social où dominerait le rire, il convient de restituer les ambivalences de l’humour. D’une part, cela suppose de considérer les situations de « non-rire » mettant à l’épreuve la mobilisation de l’humour, en coulisses et sur les scènes publiques (Him-Aquilli et al., 2024) : échecs, réactions, critiques de l’usage interne et/ou externe de l’humour, effets de fragmentation, etc. D’autre part, il s’agit d’envisager les dynamiques sociales et relationnelles autour de l’humour entre les participants aux actions collectives (savoir-faire, cloisonnements, hiérarchies, rôles, statuts, etc.), dans la division sociale du travail militant (Sawicki et Siméant-Germanos, 2009). Les usages de l’humour dépendent du statut des acteurs mobilisés (le porte-parolat peut s’autoriser des plaisanteries inaccessibles aux simples militants), mais également des temporalités multiples (groupes, institutions, conflictualité, etc.) dans l’action collective.
Axe 3 : Les appropriations et les circulations médiatiques de l’humour militant
Dans le prolongement des propositions précédentes, ce troisième axe interroge, à partir des énoncés humoristiques, la représentation des mouvements sociaux et leurs relations avec les médias dans l’espace public (Ballarini et Garcin-Marrou, 2022). Ce domaine de recherches est balisé par de nombreux travaux, consacrés à la communication médiatique et aux usages stratégiques de l’humour (Bonhomme, 2010 ; Marques, 2013), ainsi qu’aux plateformes militantes internes. Les études sur la médiatisation de l’humour militant ont éclairé des évolutions dans les cadrages médiatiques des mouvements selon les cycles d’action et les campagnes, des rapports ambivalents à la répression par les instances étatiques, et les relations avec des cultures professionnelles et de groupes sociaux sur l’humour (Taylor et Bain, 2003, p. 1503‑1505). L’exemple de la parodie de procession religieuse pour un saint fictif du calendrier catholique, saint Précaire, popularisée par des collectifs de travailleurs italiens, adaptée dans plusieurs pays européens pour les défilés du Premier Mai 2005, illustre l’hybridation entre des formes culturelles locales et des modes d’action liés à un savoir-faire médiatique (Mattoni, 2012, p. 4-5).
Il convient aussi d’étudier empiriquement (textes, lexiques, iconographies, etc.) les énoncés humoristiques à partir des dynamiques au long cours de professionnalisation ou de spécialisation dans le militantisme. Les contributions pourront accorder une attention spécifique à l’anticipation des logiques de circulations médiatiques des énoncés humoristiques (cadres, médiagénie, « viralité », etc.). Ces dynamiques sont visibles dans le cas des tactiques parodiques non violentes organisées pour la représentation publique et médiatique (Sørensen, 2015) : réseaux antimilitaristes contre l’OTAN en Europe et aux Amériques, Église de la Très Sainte Consommation en France, Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, etc. Cela vaut également, dans le cadre de la concurrence entre mouvements et contre-mouvements, pour les usages conflictuels de l’humour – plaisanteries, « piques » ou sarcasmes – et leur médiatisation (Laaksonen et al., 2022). Enfin, la question de la délégitimation par la frivolité imputée (Hart, 2007, p. 1‑2) et le risque de « passer pour des clowns » entrent aussi en compte dans la production de l’action collective dans l’espace public.
Conformément à ligne éditoriale de la revue Mots. Les langages du politique, cet appel est ouvert aux chercheuses et chercheurs de tous horizons disciplinaires (sciences du langage, science politique, sciences de l’information et de la communication, sociologie, histoire, philosophie…), que nous invitons à expliciter leurs présupposés et leurs méthodes, pour faciliter le dialogue entre les différents champs d’étude des langages du politique.
Références
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Modalités de soumission
Les auteures et auteurs devront soumettre aux coordinateurs, avant le 15 octobre 2026, un avant-projet (3 000 signes maximum tout compris), dont l’acceptation vaudra encouragement mais non pas engagement de publication.
Les articles, originaux, devront être adressés aux coordinateurs avant le 1er mars 2027 (maximum 45 000 signes tout compris). Conformément aux règles habituelles de la revue, elles seront préalablement examinées par les coordinateurs du dossier, puis soumises à l’évaluation doublement anonyme de trois lecteurs français ou étrangers de différentes disciplines. Les réponses aux propositions de contributions seront données à leurs auteurs au plus tard à la fin du mois de juin 2027, après délibération du comité éditorial. La version définitive des articles devra être remise aux coordinateurs avant la fin du mois de septembre 2027. Publication prévue mars 2028.
Les textes devront impérativement respecter les règles de présentation habituellement appliquées par la revue (voir https://journals.openedition.org/mots/76). Ils devront être accompagnés d’un résumé de cinq lignes et de cinq mots-clés qui, comme le titre de l’article, devront également être traduits en anglais et en espagnol.
Coordinateurs
- Guillaume Silhol : guillaume.silhol@univ-lyon1.fr
- Thierry Devars : thierry.devars@sorbonne-universite.fr
- Dominique Desmarchelier : d_desmarchelier@orange.fr
Notes
1 Nous pouvons notamment citer les colloques « Humour et domination. Pouvoir et résistances », les 12 et 13 novembre 2015 à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « Le pouvoir du rire. Rire du pouvoir : humour, discours et politique », les 19 et 20 mai 2022 à l’université de Craiova (Roumanie), et « Pouvoirs du rire, rire des pouvoirs », les 15 et 16 mai 2025 au Centre Marc Bloch à Berlin.
Keywords
- Mots-clés
- Humour
- Militantisme