Intelligence artificielle : dispositifs, médiations et imaginaires

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Response type Résumé

Event type colloque

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Event place MSH Dijon, 6, esplanade Erasme , Dijon 21 066

Depuis l’émergence massive des outils d’intelligence artificielle générative, l’espace public est saturé de discours médiatiques, industriels et politiques mobilisant les registres de la « révolution », de la « rupture » ou de la « transformation anthropologique». Ces récits, largement portés par un déterminisme technologique, tendent à naturaliser les effets de l’IA et à invisibiliser les conditions sociales, organisationnelles, symboliques et politiques de sa conception et de ses usages.

Ce colloque se donne pour objectif de prendre de la distance avec ces lectures enchantées ou catastrophistes, en proposant une analyse résolument ancrée dans les Sciences de l’Information et de la Communication (SIC). L’IA y sera appréhendée non comme un objet autonome ou purement technique, mais comme un dispositif info-communicationnel situé, inscrit dans une histoire longue des techniques de traitement de l’information, des médiations documentaires et des infrastructures numériques. L’IA peut également être abordée du point de vue du rejet, du refus ou du non-usage.

Dans cette perspective, l’intelligence artificielle est envisagée comme un fait communicationnel total, articulant :

  • Des dispositifs techniques et organisationnels ;
  • Des formes de médiation des savoirs ;
  • Des imaginaires et des récits ;
  • Des rapports de pouvoir et des enjeux éthiques.

Le colloque entend ainsi contribuer à une compréhension critique des transformations contemporaines de la production, de la circulation et de l’appropriation de l’information à l’ère de l’IA. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les axes suivants (liste non exhaustive) :

Axe 1 – L’IA comme continuum d’innovation et étape de la transition numérique

Plutôt que d’envisager l’IA comme une rupture radicale, cet axe propose de l’analyser comme le dernier jalon d’un continuum d’innovation sociotechnique. De l’informatisation des organisations aux bases de données, des systèmes experts aux plateformes numériques, l’IA s’inscrit dans une trajectoire historique de rationalisation, d’automatisation et de gouvernement par l’information. Les communications pourront notamment interroger :

  • L’inscription de l’IA dans les infrastructures numériques existantes ;
  • Les reconfigurations des chaînes info-communicationnelles dans les organisations (santé, universités, administrations, médias, entreprises) ;
  • Les tensions entre automatisation, autonomie professionnelle et responsabilité ;
  • La place de l’IA dans les processus de décision, de pilotage et de gouvernance par les données.

Axe 2 – Médiation des savoirs et reconfiguration de la connaissance

En devenant une interface centrale entre les individus et l’information, l’IA transforme en profondeur les processus de médiation des savoirs. Elle interroge la légitimité des sources, la figure de l’expert, les régimes de vérité et les modalités d’accès à la connaissance. Cet axe invite à analyser :

  • La redéfinition de l’expertise face aux systèmes algorithmiques génératifs ;
  • Les mutations des pratiques informationnelles dans les domaines de la santé, de l’éducation, du journalisme, de la documentation ou de la vulgarisation scientifique, etc. ;
  • Les promesses d’empowerment informationnel et leurs contreparties (dépendance cognitive, standardisation des savoirs, invisibilisation des controverses) ;
  • Les formes d’appropriation, de contournement ou de résistance des usagers face à ces dispositifs.

Axe 3 – Imaginaires techniques, identités numériques et réalités symboliques

L’IA constitue un puissant foyer de récits et d’imaginaires, réactivant des figures anciennes (l’automate, le Golem, l’ordinateur omniscient) tout en produisant de nouvelles formes de mise en scène de l’intelligence, de l’émotion et de la relation. Les contributions pourront porter sur :

  • Les représentations de l’« intelligence » et de l’« humain » véhiculées par les interfaces ;
  • La sémiotique des dispositifs et la mise en forme de la relation homme-machine;
  • Les processus d’identification, de projection et d’altérisation à l’œuvre dans les interactions avec l’IA ;
  • L’impact des imaginaires sur l’acceptabilité sociale, les usages et les pratiques de communication.

Axe 4 – Expérience usager, interaction et environnements immersifs

Cet axe s’intéresse à l’expérience vécue de l’IA, aux formes de sensibilité numérique qu’elle engage et aux nouvelles modalités d’interaction homme-machine. Il pourra explorer :

  • Les expériences immersives et conversationnelles médiées par l’IA ;
  • Les régimes d’attention, de présence et d’engagement ;
  • Les effets de l’IA sur les pratiques communicationnelles, relationnelles et expressives ;
  • Les enjeux sensoriels, émotionnels et cognitifs des environnements numériques augmentés.

Modalités de contribution

Le colloque accueillera tout à la fois des analyses empiriques, des analyses de dispositifs, des approches théoriques et des retours d’expérience critique. Les propositions de chercheur·e·s confirmé·e·s, de jeunes chercheur·e·s et de doctorant·e·s sont les bienvenues.

Publication : À l’issue de l’événement, une sélection de communications sera retenue pour un projet d’ouvrage collectif.

Format attendu des propositions :

  • Page de garde : Nom du ou des auteur·e·s, statuts et rattachement institutionnel, titre de la communication, résumé de 1000 signes (espaces compris) et 4 mots-clés.
  • Corps de la proposition : sur une nouvelle page, 6000 signes espace compris (hors bibliographie), rédigé en police 12 pts, interligne 1,5

Les propositions de communication sont à adresser à Hélène Romeyer (helene.romeyer@u-bourgogne.fr)

Calendrier

  • Envoi des propositions : 22 mai 2026 au plus tard
  • Notification aux auteur·e·s : 10 juillet 2026
  • Envoi des textes complets : 15 septembre 2026 (25000 signes max, espaces compris), au plus tard.

 

Comité scientifique (susceptible d’être amplifié)

  • Sylvie Alemanno-Parini, CNAM.
  • Viviane Clavier, Université Grenoble Alpes.
  • Fanny Georges, Université Paris Sorbonne.
  • Sylvie Grosjean, Université d’Ottawa, Canada.
  • Caroline Ollivier-Yaniv, Université Paris-Est Créteil – Cheffe de la Mission IA de la DGESIP-MESR.
  • Hélène Romeyer, Université Marie et Louis Pasteur.
  • Fabien Bonnet, Université Bourgogne Europe.
  • Vincent Bullich, Université Lyon 2.
  • Michel Durampart, Université Toulon.
  • Olivier Galibert, Université Bourgogne Europe.
  • François Lambotte, Université Louvain, Belgique.
  • Julien Péquignot, Université Montpellier.
  • Philippe Ricaud, Université Bourgogne Europe.

 

Ce colloque est labellisé SFSIC.