Festivals et dynamiques cinématographiques trans(nationales)

Formes de production, de circulation et de représentation

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Ce colloque international s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre les chercheur·e·s du LERASS (Toulouse) et plusieurs équipes de recherche et départements de l’UT2J (FRAMESPA, CEIIBA, l’IPEAT et le Département Art&Com), des chercheures de l’Université Côte d’Azur, de l’Université Paris Sorbonne et de Cergy Paris Université, en partenariat avec le Festival Cinélatino, Rencontres de Toulouse. Ce partenariat se concrétise depuis 2013 par des ateliers et des journées d’études annuelles dédiées aux expériences cinématographiques d’Amérique latine. Le XXIe siècle représente un tournant pour les cinématographies latino-américaines qui se trouvent imbriquées dans des logiques d’internationalisation inédites : les processus de production des films s’articulent à des dynamiques extérieures aux cadres de production nationaux, alors que la circulation s’effectue, quant à elle, au sein d’un circuit festivalier devenu, avec le temps, un acteur majeur dans l’innovation de ces stratégies de production.

Un réseau d’acteurs propres à ce circuit se configure peu à peu, et de nouvelles logiques institutionnelles et professionnelles en découlent, ainsi que des enjeux aussi bien socio-économiques que géopolitiques et interculturels. Par ailleurs, les professionnels du cinéma français et les institutions de soutien à la production cinématographique occupent une place privilégiée au sein de ce réseau en participant à la transnationalisation des cinématographies du Sud par le biais des fonds de soutien, des coproductions et des festivals. La situation contemporaine a élargi la carte des échanges aux États-Unis, voire à l’Asie, au gré de la multiplication des festivals consacrés à des cinématographies singulières et de l’essor de plateformes comme Netflix, qui amplifient encore ces dynamiques à travers le soutien à la réalisation de films et de séries au profit des cinéastes latino-américains et asiatiques qui ont émergé dans les circuits européens.

Ces pratiques cinématographiques s’inscrivent dans des contextes économiques, sociaux et culturels bien différents, et l’insistance, lors du colloque, sur le caractère historiquement et géographiquement multi-situé de ces phénomènes culturels – ainsi que des concepts théoriques convoqués – permettra de tenir compte et d’interroger les déséquilibres et les inégalités de pouvoir à l’œuvre au sein de ces processus transnationaux.

L’objectif est de sortir des approches binaires nationale/transnationale du cinéma et d’interroger l’articulation entre pratiques, médiations, rhétoriques et représentations qui composent cette spatialité cinématographique contemporaine. Les relations étroites entre festivals, dispositifs de soutien à la production, résidences et circulation des professionnels nous amènent à proposer une approche globale de nature à faciliter le dialogue des problématiques et des terrains. Si les cinémas d’Amérique latine constituent bien le point de départ, il s’agit également de tenter une approche comparative avec d’autres régions du monde qui participent aussi à ces dynamiques internationales – l’Afrique, l’Asie, l’Europe de l’Est, le Proche et Moyen Orient…

Ce colloque a ainsi l’objectif d’engager un dialogue collectif et international autour de ces dynamiques, ouvert à la discussion sous plusieurs approches : l’économie politique, les approches discursives, esthétiques et médiaculturelles, et plus largement les cultural studies… Souvent investies dans la recherche sur les cinémas de manière distincte, leur articulation promet une meilleure compréhension de la complexité du secteur et de ses instances de production, englobant la création, la circulation et la réception des films.

Trois axes de discussion sont proposés :

Axe 1 – Festivals

Occupant une place de plus en plus importante dans les études sur les cinémas contemporains, les festivals de cinéma sont devenus des objets d’étude féconds pour penser les dynamiques cinématographiques contemporaines et les représentations du monde dont elles témoignent. Le développement des Films festivals studies répond aussi bien à l’étonnante prolifération des festivals de cinéma partout dans le monde, des métropoles des pays industrialisés aux territoires les plus reculés de la planète, qu’aux transformations du rôle des manifestations festivalières au sein du champ et du marché cinématographique internationaux. A la fonction traditionnelle de diffusion des films qu’on leur reconnaît, s’ajoute leur participation à d’autres étapes de la fabrique cinématographique à travers la création d’ateliers ou de résidences d’écriture, de marchés de projets, de work in progress, de networks, etc.

Ces transformations ont représenté un tournant pour les jeunes cinématographies du continent latino-américain et plus largement des pays du Sud. L’analyse des sélections officielles et parallèles des grands festivals et des festivals spécialisés dans des cinématographies singulières, ouvrent des possibilités inédites de comprendre les enjeux culturels et géo-esthétiques de ces cinémas, tout en soulignant le rôle actif de ces manifestations dans la définition d’un canon et d’une valeur esthétiques.

Cet axe envisage l’étude des dynamiques festivalières qui relient plusieurs territoires – l’Europe et l’Amérique latine, mais aussi les États-Unis, l’Afrique, l’Asie. Il s’agit d’interroger et d’analyser la manière dont le festival et/ou le circuit festivalier rendent compte d’une configuration culturelle singulière marquée par la mobilité des cinéastes et des professionnels, et la circulation des projets de films, des films en cours de fabrication et des œuvres cinématographiques achevées. A travers quels dispositifs (sélections parallèles, dispositifs à destination des publics professionnels, alliances avec d’autres manifestations) les festivals contribuent-ils à ce processus de transnationalisation des cinémas.

Axe 2 – Acteurs, réseaux, négociations

Cet axe envisage l’étude des pratiques de production des films (festivals, marchés, fonds, résidences d’écriture, plateformes professionnelles, fonds d’aide et de soutien), en relation avec le point de vue des acteurs du champ (producteurs, gestionnaires et jurys des fonds, programmateurs des festivals, délégués, vendeurs…). L’enjeu consiste à saisir les enjeux économiques, culturels, esthétiques et politiques propres à ces circuits.

Pensée sous l’angle de la négociation, la perspective transnationale vise à questionner les déséquilibres et les inégalités de pouvoir à l’œuvre au sein de ces processus d’internationalisation des industries du cinéma. L’analyse des coproductions internationales et des processus de création, vus comme un processus de co-construction des films, nécessite de prendre en considération les rapports de force et les stratégies de négociation (Higbee et Ling, 2012) des réalisateurs et

des producteurs locaux amenés à répondre aux injonctions (souvent convenues) des différents acteurs « autorisant » l’existence de leurs films. Il s’agira de mettre en évidence les stratégies de négociation, de manière à montrer les enjeux sous-jacents à ces dernières. Les approches de l’économie politique de la communication, de l’analyse du discours et des études culturelles seront fortement appréciées.

Axe 3 – Itinéraires des cinéastes et formes de représentation

Cet axe privilégiera l’analyse de l’articulation entre la production et la circulation des œuvres et des formes cinématographiques. L’étude des itinéraires de cinéastes permet d’interroger les relations entre mondes cinématographiques (acteurs, enjeux économiques et culturels) et formes de représentation cinématographique. De quelles manières peut-on rendre compte du double processus de territorialisation et de déterritorialisation à l’œuvre dans les expériences cinématographiques contemporaines (nouvelles communautés d’appartenance, ancrage local des récits filmiques) ? Dans quelle mesure les trajectoires des cinéastes et les itinéraires des projets et des films reconfigurent les hiérarchies culturelles et les modes de légitimation de ces cinémas et façonnent des objets cinématographiques singuliers? Combien ces dynamiques de circulation et de mobilité rendent compte aussi bien du positionnement des territoires dans la carte du monde du cinéma que de l’affirmation des territoires locaux auxquels s’attachent les récits filmiques ? La présentation des dynamiques cinématographiques contemporaines pourra être complétée d’analyse de cas – de cinéastes, de films, de cinématographies -, afin de comprendre les stratégies mises en œuvre par les acteurs cinéastes et par les films eux-mêmes en lien avec des institutions, des financeurs et des publics.

Modalités de soumission

Les propositions de communication portant sur un des axes du colloque sont à envoyer à colloque.cinemas.2022@gmail.com avant le 8 novembre 2021.

Les propositions seront évaluées par le Comité Scientifique et doivent inclure :

  • Les nom, prénom, adresse électronique, statut, discipline et affiliation du chercheur ou de la chercheuse.
  • Le titre de la communication.
  • Un résumé d’un maximum de 6000 signes (espaces compris), accompagnées d’une brève bibliographie.
  • Les langues de travail du colloque seront le français, l’espagnol et l’anglais.

Frais d’inscription

  • Communicants : 40 € Public : 20 €
  • Exonérés : étudiants de l’UT2J

Comité scientifique

  • Julie Amiot (PR, Université de Cergy-Pontoise)
  • Nancy Berthier (PR, Université Paris Sorbonne)
  • Franck Bousquet (PR, Université Toulouse 3 – Paul Sabatier)
  • Marion Gautreau (MCF, Université Toulouse 2 – Jean Jaurès)
  • Pietsie Feenstra (PR, Université Montpellier 3 – Paul Valéry)
  • Hélène Laurichesse (PR, Université Toulouse 2 – Jean Jaurès)
  • Maria Luna (Enseignante chercheure, TecnoCampus – Universitat Pompeu Fabra)
  • Frédéric Marty (MCF, Université Montpellier 3 – Paul Valéry)
  • Amanda Rueda (MCF, Université Toulouse 2 – Jean Jaurès)
  • Julie Savelli (MCF, Université Montpellier 3 – Paul Valéry)
  • Christel Taillibert (MCF, Université Côte d’Azur)
  • Alvaro Vázquez Mantecón (PR, Université Autónoma de México)

Comité d’organisation

  • Reem Abuhalaweh (Doctorante LERASS – UT2J)
  • Claudia Adrianzen (Doctorante LERASS – UT2J)
  • Marion Gautreau (MCF, FRAMESPA – UT2J)
  • Cassandra Herrera Caicedo (Doctorante – FRAMESPA – UT2J
  • Mélanie Le Forestier (Docteure, LERASS – UT2J)
  • Gloria Pineda-Moncada (Doctorante LERASS – UPS)
  • Amanda Rueda (MCF, LERASS – UT2J)
  • Gustavo Suárez (Docteur, LERASS – UT2J)

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