Séminaire organisé dans le cadre de l’OMIC (Observatoire sur les mutations des industries culturelles, http://www.observatoire-omic.org/), sous la responsabilité de Philippe Bouquillion (Paris 8) et Yolande Combès (Paris 13), professeurs de sciences de l’information et de la communication.
La référence à la « créativité » s'est imposée comme une ressource centrale dans les discours et les projets de nombre d'instances ou d'acteurs : institutions internationales, dont l’UNESCO, instances – publiques ou parapubliques – nationales, collectivités territoriales, groupements d'acteurs économiques, agences de conseils.... La transformation des cadres économiques et réglementaires des industries culturelles et les opportunités offertes par l'introduction des technologies numériques s'accompagnent d'un nouveau partage entre marché et intervention publique.
Face à ces mutations, les sciences sociales et humaines sont confrontées à trois phénomènes majeurs. Tout d’abord, des contenus culturels et informationnels sont associés à des produits ou supports dont l’objet principal n’est pas d’offrir des produits culturels ou informationnels. Ensuite, les modes et logiques de fonctionnement propres aux industries culturelles s'étendent à des activités non culturelles mais qui incorporent la création dans leurs procès de création, production, diffusion et valorisation. Enfin, des politiques publiques nationales, régionales et locales incluent les industries culturelles, voire éducatives, dans cet ensemble plus vaste que constituent les industries créatives, au risque d'instrumentaliser les premières ou de leur faire perdre une partie de leur spécificité.
L'objet de ce séminaire est d'interroger l'articulation opérée, autour de la notion de « créativité », entre les secteurs de l'économie, de la culture et de la formation, notamment dans le développement territorial.
La promotion des « industries créatives » met en évidence l'inscription de stratégies économiques globales dans une pluralité de contextes locaux spécifiques et de dispositifs socio-techniques. Il est ainsi possible d'examiner l'émergence de ce qu'il est convenu d'appeler, « l'économie numérique », « l'économie de la connaissance » ou « de l'immatériel », en lien avec les mutations du capitalisme, toujours en quête de l’ouverture de nouveaux espaces de valorisation des capitaux et de transformations des territoires.
La nébuleuse des « industries créatives » permet, tout d'abord, de s'appuyer sur la « valorisation des actifs immatériels » pour réaliser l'assemblage plus ou moins artificiel des arts, des industries culturelles, du Web, de la publicité, de la mode, du design, de la gastronomie ou du tourisme... Elle autorise également à construire de nouvelles lectures des phénomènes de mutations des industries de la culture et de la communication, comme du patrimoine local et de l'identité des territoires. Elle propose enfin de reconfigurer l'offre de consommation culturelle en sollicitant, directement ou indirectement, la « contribution des usagers ».
Les séances du séminaire consacrées aux interventions de conférenciers invités sont ouvertes au public.
Prochaines séances
Les séances ont lieu à la MSH-Paris Nord
(plan et indications sur le site :
http://www.mshparisnord.org/acces.htm ), en visio-conférence avec l’Institut de la communication et des Médias, (Université Grenoble 3, Echirolles)
- Philippe Bouquillion, professeur de science de l’information et de la communication, Université Paris 8, CEMTI.
« Les industries créatives dans les rapports officiels en Europe »
- Discussion : Retour sur les séances précédentes : apports du séminaire, problématiques émergentes…
Deux autres séances sont prévues pour l’année 2009-2010, les dates précises et le programme en seront fixés ultérieurement.
A titre indicatif, les dates prévues sont les suivantes :
Mai : le 7 ou le 28
Juin : le 11 ou le 18.