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16eme Congrès
Appel à communication
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L'appel à communication est désormais clos. La liste des contributions retenue est disponible ICI. Les sciences de l’information et de la communication : affirmation et pluralitéCompiègne, 11, 12 et 13 juin 2008Le XVIème Congrès de la SFSIC aura lieu à Compiègne, trente années après le 1er Congrès organisé au sein de cette même université . La tentation est forte de nous livrer à l’exercice de la mémoire, à la fois pour mettre en perspective la cohérence d’ensemble de nos enjeux et de nos pratiques scientifiques, pour faire valoir la spécificité épistémologique propre à nos sciences, pour évaluer ce qui peut être désigné comme un espace scientifique partagé. Les sciences de l’information et de la communication sont poreuses ou perméables. Elles affirment leurs exigences d’ouverture et d’hospitalité. Questions de génération : certaines de nos théories auront été portées, voire transportées, par de plus grandes théories, comme le structuralisme, le pragmatisme, le constructivisme, etc. Il faudrait interroger ces pratiques phorétiques ou mutualistes. Aujourd’hui, la diversité des paradigmes, des objets, des méthodologies, des territoires et des problématiques illustre le pluralisme, la diversité des sous disciplines et la cohabitation de courants eux-mêmes pluriels. L’image sociale et universitaire de notre discipline se fonde sur la conscience de sa construction et sur l’affirmation de son identité : ce congrès doit nous conduire à rappeler dans une perspective généalogique notre « unité plurielle », à nous interroger sur les métamorphoses du couple « information-communication » et à poser les nouveaux enjeux des SIC dans un contexte qui s’est considérablement transformé durant ces trente dernières années.
Axe 1 : Penser l’origine des SICL’histoire est devenue un thème récurrent en sciences de l’information et de la communication. Entre ouvrages de vulgarisation et synthèses épistémologiques sur les filiations conceptuelles et sur les stratégies institutionnelles , cette approche a permis de construire les bases méthodologiques d’un courant disciplinaire dont il importe aujourd’hui d’évaluer la pertinence et – nous le proposons explicitement – d’assurer la continuité. Les contributions cet axe devront mettre en évidence les filiations disciplinaires, caractériser les emprunts et les croisements conceptuels, expliciter les enjeux sociaux, professionnels, institutionnels pédagogiques qui continuent d’alimenter aujourd’hui débats et controverses épistémologiques – mais aussi politiques – sur le projet théorique interdisciplinaire en sciences de l’information et de la communication. Institutionnalisation cognitive et institutionnalisation socialeLa distinction, inspirée des travaux de Whitley (Whitley, 1974, 1984), entre institutionnalisation cognitive et institutionnalisation sociale, peut orienter ici les réflexions sur le thème d’une « histoire globale » des sciences de l’information et de la communication (Boure, 2002). Quelles corrélations établir entre les processus de l’institutionnalisation sociale (les modes d’organisation de la recherche et de l’enseignement, les structures sociales de reproduction des chercheurs, les instances d’évaluation, les systèmes de publication…) et les processus de l’institutionnalisation cognitive (structuration de l’espace de connaissance) ? Chercheurs et acteurs professionnels : une histoire singulièreLa proximité des chercheurs en sciences de l’information et de la communication et des acteurs sociaux et professionnels mérite une attention particulière. La demande (voire l’offre) professionnelle de connaissances en information et en communication a-t-elle constitué un facteur déterminant du mouvement vers une autonomie des SIC ? A ce propos, il faudrait examiner le statut particulier des enseignements en information et en communication dans les filières universitaires professionnelles (IUT, maîtrises, IUP, écoles d’ingénieurs et écoles de commerce, écoles professionnelles…), souvent partagés entre une vision irénique de la communication et une approche plus critique de la question sociale. A partir des années 70, de nombreux colloques et recherches en thèse ont révélé l’apport original de telles médiations. L’histoire des techniques d’expression (cette formule générique recouvre un large spectre de disciplines connexes) peut nous éclairer sur la manière dont ces institutions ont conçu des programmes pédagogiques interdisciplinaires centrés sur des savoir-faire en information et en communication en réponse à des attentes, souvent mal identifiées, d’un management d’entreprise soucieux d’intégrer des savoirs techniques opérationnels. D’autres instances, acteurs ou publications ont joué ce rôle de médiations : les consultants, les vacataires, les professeurs associés, les manuels, les colloques professionnels… Les apports réciproques ont configuré les milieux professionnels, offrant aux chercheurs d’intéressants accès aux terrains, influençant les métiers de la communication, et leur donnant une épaisseur qui les a rendus plus stratégiques, mais aussi plus proches des fonctions opérationnelles. Axe 2 : Le binôme information et communication : procès ou légitimation ?Nous proposons, dans cet axe, de revenir sur cette partition trentenaire entre information et communication. Jean Meyriat, lors de la création du Comité des SIC le 25 février 1972, précisait ceci : « le terme SIC est finalement conservé pour des raisons d'efficacité : le sentiment prévaut que le mot plus concret d'information précise un peu la notion vague de communication ; ce couplage permet en même temps de servir les intérêts de plusieurs groupes distincts de spécialistes, sans prendre une position définitive sur l'épistémologie du domaine ». Trente ans plus tard, ce « binôme » est-il resté une formule opportuniste ou a-t-il porté ses fruits ? Nous posons que les sciences de l’information et de la communication en France ne seraient pas réductibles à la juxtaposition en deux sous disciplines étanches. Il y a certes des travaux de recherche qui se réclament complètement des sciences de l’information ou des sciences de la communication, mais il y a aussi des travaux qui relèvent de ces deux approches. Au-delà des questions pratiques, on a constaté, dans le débat, que pour certains elle restait fondamentale, alors que pour d’autres elle constituait un fait discutable susceptible de bloquer les avancées de la pensée. Fragmentation, dispersion, diffusion de l’informationLa forme et la circulation des documents lient l’information et la communication. La « viralité » du document, son éclatement en fragments et en copies, la coexistence de documents autorisés et de documents manipulés, « faux », illégitimes, font de tout document un événement de communication. Dans ce thème doit être envisagée la question du traitement par les SIC de l’information de presse (journalismes et pratiques du journalisme), de l’information documentaire ou professionnelle spécialisée (information documentaire). Il s’agit donc de réfléchir sur les sciences de l’information au sein des SIC. Cette question des relations entre information et communication peut donner lieu à des approches comparatives, venant par exemple de collègues étrangers. MachinesLa puissance fonctionnelle des machines a, en quelque sorte, prédéfini et normalisé le cadre social au sein duquel allaient se développer des formes multiples d’appropriation. Dans l’histoire des systèmes techniques, la multifonctionnalité révèle ce souci des élites (les technocrates et les ingénieurs) d’anticiper les cadres sociaux favorables à leur développement. Dans le même temps, la contextualisation sociale a joué un rôle important dans l’appropriation des machines électroniques et de leur mise en réseau. Elle explique en quoi des fonctions spécifiques de traitement de l’information (numérisation, intégration des fonctions, accélération des possibilités d’échanges, etc.) ont dérivé vers des logiques communicationnelles à très large spectre d’usages. Jusqu’où les connaissances produites dans nos disciplines auront-elles rendu compte d’une telle anticipation ? Et mieux encore, dans quelle mesure ces connaissances ont-elles anticipé et entraîné ces mutations ? Une théorie critique de ces technologies peut-elle éluder la question des implications normatives à l’œuvre dans leur conception ? MédiationsAu centre d’un grand nombre de travaux de chercheurs en SIC se trouve la notion de médiation : quel que soit le domaine d’application (notamment médiations des savoirs, médiations des cultures, médiations dans le champ des médias, médiations documentaires), le mot comporte de multiples acceptions selon le contexte d’utilisation et l’angle d’approche : il serait bon d’en questionner la polysémie de manière à tenter de dégager les principales caractérisations de la notion et à dresser un panorama des ressources méthodologiques qui s’avèrent fécondes dans les différents domaines. Le travail de cette notion confirme le lien entre sciences de la communication et sciences de l’information et du document, et notre ancrage dans des réflexions, débats et négociations interdisciplinaires avec la sociologie, la sémiotique, les sciences du langage, les sciences politiques, l’histoire, l’anthropologie et l’esthétique... L’objectif est aussi de mesurer le chemin parcouru depuis une dizaine d’années tant en matière de reformulation théorique que d’études de cas. Seront favorisées les propositions qui mettent l’accent sur ces liens et explicitent les méthodologies. Axe 3: Emergences, opportunités, affirmationLes conditions sont-elles aujourd’hui réunies pour la construction d’un espace de connaissances partagé en sciences de l’information et de la communication ? Quelle est la faisabilité d’un projet destiné à rendre (enfin) intelligible la question interdisciplinaire ? Quel sens donner à la confrontation de nos approches, de nos courants, de nos théories et de nos modèles, non seulement pour affirmer nos orientations scientifiques mais également pour afficher clairement nos ambitions critiques en direction d’un espace public multiforme et élargi ? Les contributions de cet axe pourront s’engager dans trois directions, en mettant l’accent sur les résultats ou conclusions de recherches et également sur les démarches et les méthodologies. Actualité de la question interdisciplinaireLes sciences de l’information et de la communication ont, aujourd’hui, des objets bien identifiables (la médiatisation de la communication, l’informationnalisation (Miège, Tremblay, 1999), etc.). Qu’il s’agisse d’étudier les phénomènes de communication associés au travail, à la politique, aux arts, à la technique, les SIC ont des méthodes et des concepts qui leur permettent d’aborder l’incertain, l’ambigu, le complexe. Or les enjeux de leur questionnement ne sont pas toujours identifiés par des sciences humaines et sociales aux traditions épistémologiques bien établies. L’enjeu de ce congrès serait d’une part de montrer l’opérationnalité des SIC pour aborder « l’actuel » (par exemple la campagne électorale sur le Web), d’autre part de questionner le regard que portent sur les SIC les disciplines proches, et la façon dont, parfois, les SIC intériorisent ce regard, en construisant leur travaux sur le lit de ces disciplines. Cette élucidation n’est-elle pas une condition pour que nos travaux aient une meilleure visibilité, affirment leur pertinence dans des communautés plus larges ? Ainsi, en partant de l'idée qu'une discipline se construit sur des concepts revendiqués par des groupes sociaux, il conviendrait de dresser une cartographie de la recherche, des axes développés selon les universités et des modèles théoriques mis en œuvre, des productions auxquelles ils donnent lieu, de recenser les résultats et les acquis et de tracer les enjeux scientifiques actuels. Les analyses de projets financés par l’ANR, et d’une manière générale, celles de projets ayant pour cadre la recherche-développement engageant des opérateurs privés ou publics ou sur projets non financés et non contractuels (thèses, etc.) peuvent éclairer le rôle social des SIC et seront, à ce titre, privilégiées. L’intégration sociale des savoirs en SICMais on peut porter un autre regard sur l’interdisciplinarité, ses enjeux, son utilité sociale, économique et politique. D’autres enjeux, plus pragmatiques, sont possibles. Les impératifs d’interdisciplinarité ne visent-ils pas l’intégration opérationnelle du savoir comme exigence constitutive du pouvoir (politique, institutionnel, économique), sachant que ce pouvoir s’intéresse essentiellement au savoir applicable ? Dans ces conditions, l’interdisciplinarité répondrait alors aux attentes de l’acteur expert. Elle servirait les instances politiques institutionnelles préoccupées de relayer et de s’approprier les promesses d’émancipation de la science et de la technique. Ce principe n’est-il pas à l’œuvre dans les projets de filières professionnelles (L et M), lesquelles font coexister des savoirs fondateurs et des savoir-faire ? Le risque d’une perte de visibilité de nos disciplines, tout cela au nom de stratégies pragmatiques d’intégration des savoirs (et non plus d’interdisciplinarité) est-il réel ? Tel est le dilemme dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui : si la nouvelle autorité politique nous cantonne à des postures d’experts dans des dispositifs ou des programmes ou de formation pilotés par la recherche & développement, alors les risques d’une dissémination/dispersion de nos sciences devient une hypothèse qu’il nous faut sérieusement envisager. Dans ces stratégies « sub-politiques » (Beck, 1998), l’instance privée prend le pas sur le politique : sont éliminées les conditions du débat public. Par exemple, et ceci n’a rien d’anecdotique, le projet d’instance d’évaluation (AERES) suscite des interrogations, voire des inquiétudes, sur les effets non mesurés des dispositifs et des modalités d’évaluation, s’agissant notamment de l’exclusion du mode électif. Parmi les reproches souvent formulés, on notera celui dénonçant la disparition d’un mode d’évaluation centré sur le débat au profit de pratiques de rapporteurs-experts. De manière générale, l’expansion, dans le domaine public, des logiques de projet et d’adhocratie, avec leurs temporalités courtes, leurs structures flexibles, leurs contrats d’objectifs, ne signifient pas l’extinction de nos sciences à terme, mais, encore une fois, leur éclatement en sous-disciplines de la régulation dans une division du travail commandée par des impératifs d’ingénierie sociale et professionnelle (négociation, coordination, gestion des conflits, suprématie des systèmes d’information, etc.). L’affirmation d’une pensée critiqueL’affirmation d’une pensée critique constitue-t-elle une réponse cohérente aux risques de dispersion sous-disciplinaires de nos recherches ? Les contributions attendues devront mettre en perspective les enseignements de l’histoire dans ce domaine et faire le point des questions actuelles. En regard des enjeux mondiaux, liés, par exemple, au développement des industries culturelles, aux mutations de l’espace public, aux effets idéologiques des médias, aux controverses sur la science, à la prise de conscience internationale des logiques de catastrophe et des logiques de conflits internationaux, à l’émergence de phénomènes écologiques inédits, etc., elles peuvent montrer ou analyser le rôle critique du chercheur en SIC ou celui des grands textes. Dans ces conditions, les théories de l’information et la communication pourraient s’ouvrir à des opportunités problématiques en accueillant les thématiques du débat public. A défaut d’une théorie unifiée dans ce domaine, l’hypothèse d’une ambition programmatique cohérente est possible si les SIC s’affrontent à ces enjeux. |


