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L’économie souterraine de la communication Convertir en PDF Version imprimable Envoyer à un ami

Programme des trois prochaines séances du séminaire sur «L’économie souterraine de la communication», projet mené au sein du Carism (Université Paris II), piloté par Tristan Mattelart, financé par l’Institut des Sciences de la communication du CNRS:


- Jeudi 10 avril à 17h30, Linda Labandji, doctorante, Cemti, Université Paris VIII, "Algérie: un autre modèle de consommation des produits culturels, instrument de régulation sociale en contexte de pénurie"

- Mercredi 14 mai à 17h30, Mariya Dimitrova, doctorante, EA 2291 Intégration et coopération dans l’espace européen, ED 385 Espace Européen Contemporain, Université Paris III, "Essor d’une économie de l’ombre et croisades de légalisation illusoires : le piratage audiovisuel en Bulgarie"

- Jeudi 12 juin à 17h30, Abdel Benchenna, maître de conférences, Labsic, MSH Paris Nord, "Les  produits culturels de la contrefaçon au Maroc : vers un renforcement de la dépendance culturelle ?"

La première et la troisième séances auront lieu salle Jacques Kayser, la seconde, salle Jacques Ellul, à l’Institut français de presse, Université Paris II, 4 rue Blaise Desgoffe, 75006, métro Saint Placide ou Montparnasse.

 

L’économie souterraine de la communication

Ce projet, mené au sein du Carism (Université Paris II), piloté par Tristan Mattelart, financé par l’Institut des Sciences de la communication du CNRS, propose de déplacer le terrain à partir duquel est communément pensé le piratage à l’heure du numérique — celui du téléchargement illicite dans les pays du Nord — pour cerner l’économie souterraine de la communication à partir des pays du Sud et de l’Est. Il entend étudier de quelle manière, dans ces territoires, les produits culturels ou médiatiques pirates — audiocassettes, vidéocassettes, DVD, logiciels —, mais aussi le recours, par des voies détournées, aux télévisions par satellite et à Internet représentent, pour des millions de consommateurs, un moyen majeur d’accéder aux contenus des industries culturelles internationales.

L’analyse proposée est interdisciplinaire. Elle mobilise les outils de l’économie : il s’agit de cerner les principaux acteurs de l’économie souterraine de la communication, les pôles de production, les réseaux, nationaux et transnationaux, de distribution — y compris leurs relais dans les pays du Nord —, les catalogues qui y circulent, les modes d’articulation avec l’économie officielle.

L’objectif est aussi de convoquer d’autres approches afin de d’appréhender la pluralité des enjeux sociaux, politiques et culturels que suscite l’économie souterraine. Il s’agit de comprendre dans quelle mesure l’accès aux produits piratés répond aux restrictions, tant économiques, culturelles que politiques, pesant sur les médias locaux. Il s’agit au-delà de saisir avec précision les usages par lesquels ces produits sont appropriés.

En étudiant l’économie informelle de la communication au Sud et à l’Est, le projet décrypte quelques-unes des réalités de la « mondialisation par le bas » qu’articulent par leurs activités quotidiennes les populations, à la fois opposée et liée à la « mondialisation par le haut » que structurent États et entreprises transnationales.