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Quaderni, n° 65, « L'ambivalence du mythe de l'ORTF » |
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Avec la fin de la publicité sur le service public, est-ce un retour à l'ORTF ? La revue Quaderni publie un numéro sur "L'ambivalence du mythe de l'ORTF" Le mythe de l’ORTF est ambivalent. Pour les uns, c’est un « âge d’or » révolu durant lequel la télévision était considérée comme un média noble, véritable allié de la culture, indépendant des contraintes économiques ainsi que de la concurrence avec des acteurs engagés dans des syndicats puissants.
La fin du monopole de l’ORTF, l’introduction de la publicité à la télévision, la privatisation de certaines chaînes et la primauté accordée dorénavant à la programmation conduisent certains nostalgiques à évoquer ce moment béni du service public. Pour d’autres, l’ORTF est présenté comme une télévision d’État, média dépendant du politique, soumis à une véritable censure. Les défenseurs de l’âge d’or se réfèrent continuellement à des images symboliques comme les studios des Buttes Chaumont, les figures des réalisateurs tels Bluwal, Lorenzi, l’émergence des syndicats. Cette « télévision des programmes » est vue comme un idéal-type du service public : pas de publicité, innovation de la part des différents acteurs présentés comme de réels pionniers, grande marge de liberté, absence de concurrence du fait du monopole public. En cela, l’ORTF constitue une référence, un modèle vers lequel la télévision actuelle française devrait tendre. Ce numéro de la revue Quaderni propose de réfléchir sur ce mythe d’origine. L’ORTF n’est pas mort, les historiens de la télévision continuent à s’y référer partant de ce moment pour retracer ensuite l’histoire de ce média en France. L’ORTF constitue un moment fondamental pour l’histoire de la télévision, pour l’analyse des politiques publiques de communication, pour comprendre le débat sur le service public médiatique. Le mythe de l’ORTF est en perpétuelle construction. Jérôme Bourdon ouvre la réflexion en présentant les racines du mythe de l’ORTF et les usages qui en sont faits. Ces racines du mythe, notamment la plus noire, trouvent un écho dans les propos d’Édouard Guibert qui revient sur son parcours à l’ORTF, comme journaliste et militant syndical, en particulier lors de la crise de mai 68. Guy Pineau présente l’expérience « Chaban-Desgraupes » qui eut lieu entre 1969 et 1972. Michel Souchon revient sur son expérience professionnelle au Service des Études d’opinion. Jean-Pierre Jézéquel et Régine Chaniac étudient une période clé rattachée à l’âge d’or de l’ORTF : les Buttes Chaumont. Pierre Musso conclut ce dossier par l’étude du non- retour à l’ORTF. Il expose en quoi l’ORTF est devenue une image symbolique. |