Société française des sciences de l'information
et de la communication
 

SFSIC-Infos

 
Accueil arrow SFSIC-Infos arrow Colloque bilatéral franco-roumain
Colloque bilatéral franco-roumain Convertir en PDF Version imprimable Envoyer à un ami
le 01-03-2008 20:29

 Communication de la culture, culture de la communication
26-29 juin 2008, Bucarest

L’année 2008 est la quinzième année du colloque bilatéral franco-roumain, qui se tient chaque année à Bucarest à la fin du mois de juin. Nous souhaiterions cette année fêter cet anniversaire avec quelques innovations orientées vers les quinze nouvelles années qui viennent. Ce colloque, avec comité de lecture, sera suivi d’une publication sur papier. Ce fonctionnement est appelé à devenir régulier. Nous souhaitons diversifier la participation de nos collègues, en lien avec les associations françaises et roumaines de chercheurs en SIC. Nous prévoyons d’instaurer une demi-journée pour réfléchir à des partenariats scientifiques potentiels, sur des projets de recherche en cours ou en prévision. Nous voudrions faire une plus large place à la langue roumaine, notamment pour ce qui est de la publication. Ces transformations ne sont pas le fruit d’un simple désir de changer la formule. Mais il nous semble que les coopérations peuvent être approfondies, pour contribuer à la construction d’une réflexion épistémologique commune de notre discipline, dont nous sentons tous la nécessité.

Le thème
Le thème retenu est pour cette année : Communication de la culture, culture de la communication. Cette formulation a été choisie parce qu’elle permet un large éventail de propositions. Mais aussi parce qu’elle incite les SIC à se situer comme un regard particulier dans les sciences humaines.
L’histoire des relations entre culture et communication est longue et diverse. Il suffit de rappeler quelques exemples : l’importance des cultural studies pour notre discipline, les travaux d’Adorno sur la musique, les prophéties de Mac Luhan sur les transformations de la vision du monde apportées par la télévision, les expressions de dimension cachée et de langage silencieux qui désignent chez Hall la culture implicite des comportements,  les travaux sur la vulgarisation scientifique et le rôle des médias dans la constitution d’une culture scientifique, la place des médias dans un univers multiculturel rendu plus présent encore par Internet…
La question n’est pas de trouver des zones de recoupement, mais bien de mettre de l’ordre et de décrire la cohérence de ce foisonnement. Nous proposons trois axes de travail : partir des diverses définitions de la culture, puis organiser nos réflexions selon les deux grandes pentes proposées dans le titre.  La culture se communique, la communication est en elle-même une culture. C’est donc une perspective qui autorise à la fois des monographies, une multiplication des situations, des champs d’application et des exemples ; et une compréhension globale des phénomènes de communication comme partie intégrante de notre culture. Et nous vous encourageons à traiter cette question en mettant en évidence les paramètres de l’épistémologie que vous souhaitez privilégier :  comment le regard de la communication sur la culture se forge et évolue, quels sont nos appuis conceptuels, à quels auteurs pouvons-nous avoir recours, quelles sont les méthodes de nos observations, quels sont nos débats ?

Les axes
Axe 1
Définitions de la culture et de son lien avec la communication
Le mot « culture » a trois significations. En un premier sens, c’est l’ensemble des réalisations antérieures à nous dont nous héritons. La culture a alors une dimension patrimoniale, notamment artistique, littéraire, architecturale… Mais on parlera de plus en plus de culture à propos de savoir-faire, de rites, de tous nos legs transmis oralement. Ou à propos de savoir-faire (bâtiment, construction, soins, broderie, pêche…) transmis par l’exemple. La notion de « diversité culturelle », présente dans les textes internationaux, vise à protéger ces éléments patrimoniaux, quel que soit leur mode de transmission. Les nouvelles technologies sont souvent présentées comme une manière d’expliciter et de mettre en valeur des réalités culturelles qui n’avaient pas trouvé jusque là leur support d’expression. La culture au sens patrimonial désigne toute forme d’expression. La protection de la diversité culturelle veut emprunter toutes les voies de la médiation. Dans quelle mesure toutes les modalités de la médiation font-elles partie de notre champ ?
En un deuxième sens, la culture désigne le développement de facultés de l’esprit, notamment de jugement, qui distingue le barbare du cultivé. C’est une forme de savoir, d’érudition. C’est l’ensemble des aspects intellectuels propres à une civilisation. En ce sens, une culture est scientifique, technique, artistique, littéraire. Elle est savoirs constitués, mais aussi savoirs en train de se constituer. Chaque société a développé ses propres constructions savantes et continue à les développer selon ses axes propres. Par exemple, la musique polyphonique de l’Occident manifeste un autre état d’esprit que les sonorités du bouddhisme zen. Par exemple encore, la technologie se communique majoritairement du Nord vers le Sud. Aujourd’hui, les médias mettent de fait en présence des cultures qui jusque là s’ignoraient. Quels moyens avons-nous, dans notre discipline, pour raisonner ces réalités, leurs enjeux, leurs effets ?
En un troisième sens, la culture est l’ensemble des comportements acquis dans une société donnée Nous pouvons entendre le mot « comportement » comme notre gestualité, notre sens du temps ou de l’espace. Mais nous parlons aussi couramment dans les entreprises de « culture du résultat », de « culture de projet ». Ces expressions désignent des représentations, comportements et réflexes  acquis, qui rendent certains objectifs et certaines valeurs évidentes, ancrent certains présupposés sur ce que doit être la vie personnelle et sociale. Que veut-on dire alors en parlant d’une « culture de la communication » ?

Axe 2
Une culture se communique.
La question de la communication de la culture peut bien entendu se dissocier selon des champs d’application : communiquer la science, des objets de musée, des livres, de la musique, communiquer par l’architecture…. Ou selon l’axe des supports et des moyens : comment le papier, le numérique, la vidéo ou un comportements sont des actes différents de sa communication.
La division par le champ n’est pas la seule possible. On peut également se référer à des points de vue spécifiques. Car la communication de la culture a une dimension économique et politique, une dimension nationale et internationale. Les cultures se communiquent plus ou moins bien, plus ou moins largement Un produit culturel est plus ou moins viable économiquement selon qu’il est produit dans une langue largement parlée ou moins parlée. Les pays mettent en place des soutiens plus ou moins forts à la création. Nous savons combien le débat a été rude dans les organisations internationales sur la notion d’exception culturelle, et combien, au-delà des principes, il est loin d’être gagné.
Si la culture est aussi acquisition de comportements, on peut s’interroger sur le rôle des médias en la matière. La question par exemple de la propagation de la violence ne sera jamais close. Dans quelle mesure ce qui est vu ou entendu est-il exemplaire ?
Internet et la numérisation bouleversent la donne de la transmission et des supports. Numériser un livre ou un tableau est une sorte d’évidence, car le texte ou le graphisme est mis autrement à disposition et les pratiques antérieures sont nombreuses, autant que les musées virtuels. Mais comment numériser une automobile, des échantillons de tissu ou des parfums en prenant en compte la variété des usages ? Il faut alors analyser l’objet de manière à saisir ce qui, en lui, « fait signe ».
Est-il vrai que la numérisation peut favoriser l’implantation de cultures minoritaires, de langues minoritaires ? Mais ne risque-t-on pas d’assister à la création de communautés éclatées, ne parlant pas la même langue et incapable d’accéder aux réalisations des autres ? Quels sont les éléments disponibles sur ce sujet, les récits disponibles des réussites et des échecs ?

Axe 3.
Nous avons une culture de la communication
Dire que nous avons une culture de la communication, c’est chercher à décrire comment la communication est devenue quelque chose de nos manières de vivre ou de penser. De montrer que ses réalisations ont un impact sur les comportements et les représentations.  Il est indispensable, bien entendu, de prendre en compte les évolutions techniques, qui constituent l’un des paramètres de construction de nos mentalités.
Nous avons acquis une culture de l’objet communicant : nous avons des pratiques de la radio, de la télévision, d’Internet. Les canaux médiatiques remplissent des fonctions qui évoluent : selon par exemple la transformation d’une situation politique, le. rôle rempli par les radios ne sera plus le même ; l’évolution technologique permet l’émergence des chaînes spécialisées ; des pays jusque là peu présents dans le paysage audiovisuel organisent leur présence médiatique  pour faire vivre ouvertement leur  identité culturelle ; Internet remplit une multitude de fonctions, des plus contestataires au plus traditionnelles.
Nous avons acquis une culture expressive issue des médias. Ils ont leurs codes, leurs genres littéraires. Nous avons l’habitude de certains modes d’expression (faits divers, types de commentaires, organisation de débats). Ce qui ne va pas en contrepartie sans la mise en place de stéréotypes. Là encore, nous pouvons en faire le panorama, et nous demander aussi  si Internet modifie nos modes d’expression, le discours médiatique, ses modes d’argumentation, sa rhétorique.
Nous avons pris l’habitude de compter sur les médias pour construire notre espace social de savoir et de réflexion, notre culture du débat médiatisé, notre espace public. En ce sens aussi, la communication entre dans notre culture, notre manière de voir le monde. Comment les médias participent-ils à la construction de controverses sur les biotechnologies, la mondialisation, le développement durable, l’Europe…
Notre culture des médias se confond en partie avec notre culture technique. Peut-on parler de l’instauration progressive d’un certain rapport technique au monde, ou est-ce un fantasme ? Par exemple, que signifie le blog dans la relation à soi et la relation à l’autre ? Les mondes virtuels de la cité numérique et des réseaux sociaux peuvent-ils être considérés comme des lieux de socialisation ? Est-il vrai que la vie privée n’est plus distincte de la vie publique ? Est-ce là notre nouvelle culture médiatique ?  Rappelons que, pour un auteur comme Milad Doueihi, la culture du média numérique a la même fonction englobante que la religion, intégrant une administration, des prophètes, une gestion de la vie privée comme de la vie sociale des individus.

Pistes de collaboration
Un temps sera préservé pour la présentation de projets de recherche en cours pouvant inciter à mettre en place des collaborations.

Planning et procédure
Planning
15 avril : Dépôt des propositions de 1 page (3000 signes, plus une bibliographie). Indiquer : auteur(s), université(s), laboratoire, courriel, axe de rattachement. Ou précisez si vous souhaitez présenter une proposition de collaboration.

30 avril : Décision du comité scientifique.

3 octobre : remise des textes définitifs.

Langue
Les résumés peuvent être remis en français ou en roumain.

Traditionnellement, la langue des exposés oraux est le français. Mais nous pourrons prendre cette année 4 exposés en roumain. Merci à ceux qui souhaitent communiquer dans cette langue de le signaler d’avance à la correspondante du colloque pour la Roumanie (Poliana Stefanescu). Nous les contacterons dès acceptation de leur proposition pour voir avec eux comment réaliser des supports que nous traduirons au préalable. Nous n’avons pas de traduction simultanée.

La publication ultérieure est envisagée dans les deux langues.

Adresse des propositions :
Pour la France

Odile Riondet
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Pour la Roumanie :
Poliana Stefanescu
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Comité scientifique
France
Patrick-Yves Badillo (universitéd’Aix-Marseille)
Jean-jacques Boutaud (université de Dijon)
Arlette Bouzon (université de Toulouse)
Brigitte Chapelain (université Paris 10)
Jean-Pierre Esquenazi (université Lyon 3)
Gino Gramaccia (université de Bordeaux)
Bernard Lamizet (université Lyon 2)
Catherine Loneux (université de Rennes)
Vincent Meyer (université de Metz)
Isabelle Pailliart (Grenoble)
Odile Riondet (université de Haute-Alsace)
Jean-Claude Soulage (université Lyon 2)

Roumanie
Camelia Beciu (Académie roumaine et Ecole nationale de sciences politiques et administratives, Bucarest)
Mihai Dinu (faculté de  lettres, Bucarest)
Ioan Dragan (faculté de sociologie, Bucarest)
Mirela Lazar (faculté de journalisme, Bucarest)
Nicolae Perpelea (Académie roumaine)
Adela Rogojinaru (faculté des lettres, Bucarest)
Poliana Stefanescu (faculté de sociologie, Bucarest)
Adriana Stoichitoiu-Ichim (faculté des lettres, Bucarest)
Cristina Teodorescu (université de Craiova)
Gabriela Tigu (Académie de sciences économiques, Bucarest)

Organisateurs
Pour la France

Université Lyon 2
Université de Haute-Alsace

Pour la Roumanie
Faculté de sociologie (Bucarest)
Faculté de journalisme (Bucarest)
Ecole nationale de sciences politiques et administratives (Bucarest)
Faculté des lettres (Bucarest)

Comité de coordination
C. Beciu (SNSPA, Bucarest)
D. Frumusani (faculté de journalisme, Bucarest)
D. Popescu ( université Lyon 2)
A. Povara (faculté de sociologie, Bucarest)  
O. Riondet (université de Haute-Alsace)
A. Rogojinaru (faculté des lettres, Bucarest)
P. Stefanescu (faculté de sociologie, Bucarest)

Frais
Le colloque bilatéral est traditionnellement gratuit. Chaque participant finance seulement son déplacement et son hébergement. Nous négocions avec le restaurant universitaire et l’hôtel d’accueil de l’université des prix au plus juste. Ceux qui viennent d’une ville française desservie par la compagnie Blue Air peuvent trouver des billets aux environs de 200 euros aller et retour.

 

   

Commentaires utilisateurs  
 

Evaluation utilisateurs

 


Ajouter votre commentaire
Nom
Commentaire
 
Caractères restant: 600
 
   
   

Aucun commentaire posté



mXcomment 1.0.6 © 2007-2008 - visualclinic.fr
License Creative Commons - Some rights reserved