Alors que l'Union européenne connaît un processus constant d'intégration, il n'existe pas encore d'espace public médiatique au niveau continental. Chaque nation possède sa propre sphère médiatique, fortement corrélée à ses institutions et à son histoire politique dans leurs singularités. Les informations circulent mal entre les différents pays, si bien qu'une identité européenne commune reste problématique, comme le montre, par exemple, les faibles taux de participation aux élections du Parlement européen.
La Grande Région (Sarre – Lorraine - Luxembourg - Rhénanie-Palatinat – Wallonie) est un territoire particulièrement intéressant pour étudier les processus de formation d'un espace public transnational. Elle présente une grande diversité linguistique, culturelle, économique et politique mais, grâce aux circulations de populations (aussi bien pour le travail que pour les loisirs) et aux coopérations institutionnelles (notamment entre les collectivités territoriales), elle a une véritable dimension transfrontalière et présente une forme originale « d’identité européenne ».
Ce territoire permet en outre de multiplier les configurations et les variables qui peuvent expliquer les conditions de la circulation internationale des informations : des langues communes à différents pays, le français et l'allemand, mais aussi des langues différentes entre pays ou à l'intérieur d'un même pays (Luxembourg et Belgique) ; des caractéristiques économiques et industrielles dans certains cas proches de part et d'autre des frontières (vallée de la Fensch, Wallonie, Sarre) ou au contraire très distinctes selon les régions (les régions industrielles précédemment citées s'opposent par exemple au monde de la finance du Luxembourg, aux activités de service et universitaires de Trèves ou à la ruralité du nord de la Meuse) ; des histoires nationales et politiques ainsi que des institutions et des organisations étatiques très diverses. La Grande Région est ainsi non seulement un « territoire laboratoire » de l'intégration européenne, mais aussi un terrain privilégié pour comprendre ce que pourraient être les caractéristiques d'une « espace médiatique européen ».
Le Programme de Formation Recherche (PFR) initié par le Centre de Recherche sur les Médiations (CREM) analyse conjointement les messages médiatiques, leurs conditions de production et celles de leurs réceptions (en particulier les usages sociaux qui en sont faits par les différents groupes récepteurs). Il s'agit de saisir, de manière structurale, les déterminants de la circulation - ou de la non circulation - des informations médiatiques. Quels sont les types particuliers d'information qui font l'objet d'une circulation transfrontalière ? Quels sont les facteurs qui rendent possible celle-ci ? Quels sont au contraire les freins sociaux, économiques et culturels à la circulation des informations ?
L’appropriation massive d’une technologie par une société n’est jamais anodine. Elle traduit toujours une coïncidence entre les besoins ou aspirations de cette société et les applications que cette technologie peut lui offrir.
Nous connaissons les TIC comme outils de communication et véhicules d’information. Mais les avons-nous déjà interrogés en tant que miroir de nous mêmes ? Celui des nos besoins et aspirations, celui de nos qualités et travers, celui de nos phobies, exigences et contradictions etc.
Nous proposons d’explorer la question suivante : à travers les discours, les usages et les applications que nous faisons à partir des TIC, qu’est ce que les outils numérique nous disent et nous apprennent sur nous-mêmes en tant qu’ Individu, Consommateur, Citoyen, Société, Etat, Entreprise, Economie, Droit, Culture? Autant de domaines que nous pouvons investir à travers les différentes disciplines concernées.
Sujet du post-doctorat : Diffusion transmédiatique de l’information (presse, radio, télévision, internet)
Disciplines concernées : Sciences de l’information et de la communication ou sciences humaines et sociales (sociologie, sciences du langage, notamment) avec spécialisation médias. Laboratoire d’accueil : CIM (EA 1484) Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 CDD de 12 mois : année universitaire 2010-2011 (début du contrat : automne 2010) Rémunération mensuelle : environ 1 800 euros net.
Contexte de la recherche La recherche post-doctorale s’inscrit dans le cadre d’un projet d’Observatoire TransMédias, visant à décrire et analyser les circuits de diffusion des évènements médiatiques entre presse, radio, télévision, et internet. Ce projet, soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), rassemble des équipes de recherche en informatique et en sciences humaines et sociales sur une période de trois ans. Située en amont de ce projet, la présente recherche post-doctorale visera à définir les corpus, concepts et questionnements pertinents pour les sciences humaines et sociales en vue de l’étude de la diffusion transmédiatique de l’information, et à accompagner leur formalisation dans la plateforme technologique en cours d’élaboration.
Missions et profil du chercheur / de la chercheuse Le chercheur / la chercheuse sera appelé(e) à réaliser les activités suivantes : - recherche bibliographique approfondie concernant les aspects notamment sociologiques et sémiologiques de la diffusion transmédiatique de l’information ; - délimitation des corpus (échantillonnage et représentativité des médias) - mise au point d’une typologie adaptée aux objectifs du projet (notions d’événement médiatique, de reprise journalistique, de remix, de discours rapporté,... à actualiser) - aide à la formalisation des objets, à l’élaboration des critères et processus ambitionnant de caractériser de manière automatique la propagation des informations entre médias. - préparation des futures observations empiriques, notamment dans les directions suivantes : comparaison transmédias et propagation diachronique de l’information.
Le chercheur / la chercheuse réalisera des rapports intermédiaires relatifs à chacune de ces activités, ainsi qu’un rapport final, et s’efforcera de communiquer et publier les résultats de ses travaux.
Ces missions impliquent une collaboration étroite avec les autres membres du projet, et impérativement une aptitude au dialogue scientifique avec les chercheurs provenant d’autres disciplines que les sciences humaines et sociales (notamment l’informatique).
Contacts et processus de candidature Franck REBILLARD, Professeur à l’Université Paris 3, laboratoire CIM.
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Composition du dossier de candidature : - Lettre de motivation - Curriculum vitae, incluant la liste des publications scientifiques - Diplôme de Doctorat et rapport de soutenance
Les éléments du dossier de candidature doivent être transmis par voie électronique à l’adresse indiquée avant le 19 septembre 2010.
634 pages, 25 euros, Presses universitaires de Rennes (PUR)
ISBN: 978-2-7535-1147-7.
Les discussions et les jugements habituels sur les journalistes supposent que l'on en sait bien assez pour exprimer un jugement. Mais que penser de cette liste de mots et d'expressions bizarres ?
Accord de zone, à-la, ampexage, Anastasie, anchorman, bible, blonde, bolo-bolo, boeuf carotte, bouillon, caviardé, chemin de fer, concuvi, couillard, cuir, débuller, drapeau, dsng, embargo, enrobé, étalonnage, filmer en bois, fixeur, flou net, gonzo journalism, grue de Latché, infotainment, jri, louma, marronnier, ménage, minette, moirage, morgue, mur, nazeur, ours, palette, parachute journalism, pâté de têtes, péréqué, pied, piétage, pigiste, pleurage, polichinelle, pré-roll, re-croper, règle des 30°, repasse, retravail, saucisse, sérif, singe, stringer, tapis, tricard, tunnel, vote de paille, voleurs de patates, vumètre, weekender, zoomite.
J'ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de doctorat (sous la direction d'Eric Brian) :
"La cybernétique en France (1948-1970). Contribution à l'étude de la circulation interdisciplinaire des modèles et des instruments conceptuels et cognitifs".
Elle aura lieu le Lundi 30 août 2010 à 14h00, à l'EHESS, 54 boulevard Raspail (Paris), Salle 524.
Le jury sera composé de :
Marie-José DURAND-RICHARD, Maître de conférences honoraire à l’Université Paris VIII Liliane PÉREZ, Maître de conférences au Conservatoire National des Arts et Métiers (rapporteur) Yves JEANNERET, Professeur à l’Université d’Avignon Michel MORANGE, Professeur à l’École Normale Supérieure (rapporteur) Éric BRIAN, Directeur d’études à l’EHESS
La soutenance sera ouverte au public et suivie d'un pot.
La cybernétique, au sens de Wiener, se présente essentiellement comme une pratique interdisciplinaire de modélisation des phénomènes de rétroaction (feedback) ou asservissements dans les systèmes biologiques, sociaux ou cognitifs. Nous étudions différents aspects de la réception de la cybernétique dans le contexte de la France des années 1950-60, globalement peu propice à l'émergence de pratiques de modélisation interdisciplinaires : le "Cercle d'Études Cybernétiques", l'impact sur la réflexion encyclopédique, l'attitude des ingénieurs français face à la cybernétique, et la rencontre entre différents projets de théories des machines et la cybernétique. Notre analyse de la circulation du concept de rétroaction dans différentes disciplines (biologie moléculaire, économie, courants structuralistes) montre de façon générale un écart important entre le discours et la pratique : presque tout le monde parle de cybernétique, mais presque personne n'en fait. Ce hiatus échappe aux approches qui se focalisent sur l'étude des discours, voire réduisent la science à un exercice discursif. C'est en particulier le cas des "Cultural studies of science", qui assimilent les transferts de modèles à des métaphores ou à des emprunts lexicaux. Nous critiquons plusieurs travaux qui ont étudié de la sorte l'influence de la cybernétique sur plusieurs disciplines. Nous proposons un autre cadre d'analyse à partir d'un essai sur la dimension technique de la modélisation (dimension incluant mais ne se réduisant pas à l'instrumentalité des modèles). L'analyse des conditions techniques de la science correspond en un sens à un espace vide dans l'histoire de l'épistémologie française. Nous définissons le concept d'"induction artefactuelle" pour désigner la façon dont les machines peuvent constituer des sources d'intelligibilité pour la pensée scientifique. Nous montrons que des concepts et des problématiques technologiques sont pertinents pour qualifier des aspects spécifiques identifiables dans les pratiques de modélisation. Les correspondances ainsi établies permettent de définir un cadre pour contester le sémiologisme à l'œuvre dans les cultural studies. Le raisonnement analogique, interprété en terme de transfert d'instrument cognitif (concept, modèle) qu’il s'agit d'adapter et de calibrer, est distingué de la métaphore. De plus, en mettant en évidence l'existence d'une tendance opposée à la spécialisation, intrinsèquement ancrée dans les dynamiques techniques de la science sous la forme d'établissement de passerelles, et alimentée par un mode spécifique d'invention, on conteste deux préjugés : celui qui postule que la science évolue exclusivement selon un processus de différenciation, spécialisation ou fragmentation, et celui qui postule que la modélisation est une pratique de résolution de problèmes prédéfinis. Sur le plan sociologique, nous faisons l'hypothèse que ces circulations techniques, qui relèvent du "régime transversal" au sens de T. Shinn, sont dans un rapport antagoniste à la dynamique de constitution des identités disciplinaires et tendent pour cela à faire l'objet d’une amnésie dans la mémoire collective des disciplines. Nous suggérons quelques caractéristiques sociologiques (marchés, stratégies) de ce régime transversal de modélisation.