Société française des sciences de l'information
et de la communication
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Information et communication vision savante versus vision profane

par DACHEUX Eric, LONGHI Julien , « eric.dacheux@univ-bpclermont.fr »
LRL, groupe

Ce texte, co-rédigé par un chercheur en SIC et un chercheur en sciences du langage, interroge les rapports entre information et communication. Or s’interroger sur les rapports entre information et communication, c’est s’interroger sur l’objet même de la 71 e section du CNU. La justification des SIC - spécificité française - est multiple et l’ampleur même du débat épsitémologique conduit à enseigner des modèles théoriques très éloignés du modèle « émetteur canal récepteur » qui semble structurer les représentations sociales. A cette difficulté, s’ajoutent, d’une part, l’écart entre la notion courante d’information (les nouvelles journalistiques) et la notion savante et, d’autre part, l’existence d’associations sémantiques propres au mot communication sensiblement éloignées du sens scientifique. Autrement dit, il existe un écart certain entre la vision scientifique des rapports entre information et communication et la vision de nos étudiants. Prendre la mesure de cet écart, c’est poser les jalons d’une didactique des SIC. C’est l’objet de ce texte qui repose sur une étude empirique longitudinale de 10 ans. Dans une première partie, nous dresserons le cadre théorique et méthodologique de notre recherche, puis, dans une seconde partie, nous nous efforcerons de présenter les résultats de cette étude portant sur les mots associés de manière spontanée au vocable communication.

Mots-clés : information, communication, épistémologie, didactique

The scientific vision of link between information and communication is not the one of our students. To understand this distance is necessary to elaborate a didactics of SIC. It is the object of this text which is based on an empirical study of 10 years. In a first part, we shall draw up the theoretical and methodological frame of our research. In a second part, we shall present the results of this study on the words associated in a spontaneous way with the word communication by students

Keywords : Communication, information, epistemology, didactics.

Information et communication vision savante versus vision profane : vers une didactique des SIC ?

S’interroger sur les rapports entre information et communication, c’est s’interroger sur l’objet même de la 71 e section du CNU. Or, l’appellation "Sciences de l’information et de la communication" n’est guère employée au-delà de l’aire francophone. Dans les pays anglophones, par exemple, "l’information science" et les "communication studies" sont deux domaines distincts. En France, l’idée - présente chez les fondateurs des SIC ([1]), et réaffirmée par la section du Comité consultatif des universités ([2]) - est qu’une telle coupure épistémologique est contre productive : "l’information est le contenu de la communication et la communication le véhicule de l’information" affirme Robert Escarpit ([3]) ; "Réduite à son expression la plus simple, notre idée était que la communication est un processus dont l’information est le contenu" confirme Jean Meyriat ([4]). Or, même si les ouvrages récents consacrés au SIC (Hermès, 2004 ; Miège, 2004 ; Olivési, 2006) continuent d’affirmer l’unité de l’objet de recherche, cette unité est pensée de manière bien différente suivant les auteurs. Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut repérer au moins quatre positions académiques :

La symétrie des deux notions. Dans la lignée de R. Escarpit et J. Meyriat, de nombreux chercheurs continuent à défendre l’idée qu’information et communication sont les deux faces d’une même pièce. Ainsi, à la lumière des travaux sur l’hypertexte, Claude Baltz affirme qu’il "n’y a pas d’information sans communication et vice-versa". (Baltz, 1995).

L’antagonisme entre les deux termes. Pour d’autres chercheurs, l’unité des SIC est, au contraire, nécessaire pour bien comprendre les relations conflictuelles entre deux processus sociaux distincts. Ainsi D. Bougnoux (1995) parle de relations « antagonistes complémentaires », tandis que E. Dacheux (2004) développe l’idée de « relations asymétriques ».

La complémentarité entre les deux sciences

Les sciences de l’information et les sciences de la communication sont, chacune, deux carrefours pluridisciplinaires possédant chacun un objet précis. Mais, justement, l’intérêt des SIC, c’est de rapprocher ces deux types d’analyse pour mieux comprendre l’émergence d’une société en réseau (Ollivier, 2007)[5].

L’existence d’un objet « information-communication ».

Cette position, minoritaire, défendue par B. Miège consiste à justifier l’unité des SIC, par l’unité de l’objet analysé : « Il convient par contre d’insister sur le fait que l’information et la communication ont toujours été reliées d’une façon ou d’une autre […] » (Miège, 2004, p. 20).Ces différentes manières de justifier l’existence des SIC ne portent pas sur le même niveau d’analyse, mais il est clair que la confusion même du débat épistémologique propre au SIC conduit à enseigner des modèles théoriques très éloignés du modèle « émetteur canal récepteur » qui semble structurer les représentations sociales. A cette difficulté, s’ajoutent, d’une part, l’écart entre la notion courante d’information (les nouvelles journalistiques) et la notion savante et, d’autre part, l’existence d’associations sémantiques propres au mot communication sensiblement éloignées du sens scientifique. Autrement dit, il existe un écart certain entre la vision scientifique des rapports entre information et communication et la vision de nos étudiants. Prendre la mesure de cet écart, c’est poser les jalons d’une didactique des SIC. C’est l’objet de ce texte qui repose sur une étude empirique longitudinale de 10 ans. Dans une première partie, nous dresserons le cadre théorique et méthodologique de notre recherche, puis, dans une seconde partie, nous nous efforcerons de présenter les résultats de cette étude sur les mots associés de manière spontanée au vocable communication.

Cadre théorique et méthodologique

Des manuels d’introduction aux sciences de l’information et de la communication (Breton, Proulx, 1989 ; Bougnoux, 1998 ; Maigret, 2003) aux ouvrages grand public de chercheurs reconnus (Mattelart, 1995 ; Wolton, 2005) en passant par les travaux spécifiquement épistémologiques (Mucchielli, 1991 ; Ollivier, 2000, Miège 2004), on retrouve toujours l’idée selon laquelle l’extraordinaire hétérogénéité de l’objet commande l’adoption d’approches plurielles. Idée présente chez les fondateurs des SIC en France, qui ont pris soin d’utiliser le pluriel pour définir la nouvelle section du Comité consultatif des universités ([6]) qu’ils appelaient de leurs vœux. Dans la lente et inachevée construction de cette interdiscipline, le dialogue avec les sciences du langage occupe une part importante. C’est pourquoi nous voudrions, chacun à partir de nos positions respectives, revenir sur les rapports entre SIC et sciences du langage, avant de présenter, dans un second temps, la méthodologie de cette recherche portant sur le sens du mot communication pour des étudiants d’IUT s’apprêtant à participer à des cours de « psychosociologie de la communication ».

Le dialogue complexe mais riche entre SIC et sciences du langage

Comme le rappelle E. Maigret, bien des débats traversant aujourd’hui les SIC sont présents à Athènes. L’analyse critique de la rhétorique proposée par Socrate et Platon est, par exemple, toujours au cœur des préventions à l’égard de la communication politique. Si les SIC sont marquées par cet héritage, elles se construisent aussi contre la réduction de la communication au langage en mettant en avant, notamment, l’importance de la communication non verbale (Bougnoux, 1998 ; Winkin, 1981). Pour mieux appréhender ce dialogue conflictuel, nous proposons, c’est plutôt rare dans la littérature spécialisée, de croiser les approches, en proposant successivement un regard « SIC » sur ce dialogue puis un regard ‘Sciences du langage ».

Les rapports SIC sciences du langage vus par un chercheur en SIC

Les rapports entre sciences du langage et SIC sont marqués de la même ambiguïté que celle qui régit les rapports entre information et communication. En effet, on peut, avec des arguments de forces équivalentes soutenir que les SIC se sont construites contre les sciences du langage (SL) ou au contraire défendre l’idée que les sciences du langage sont indissociablement liées aux SIC. Dans la première perspective, trois arguments, d’importance épistémologique croissante, peuvent être évoqués :

Certaines théories des SL sont incompatibles avec l’existence même des SIC.

C’est le cas par exemple de la sémiologie structurale de Greimas ou de la grammaire générative de Chomsky. Comme le souligne H. Parret : « La communication pour ces deux théoriciens du langage n’est qu’un épiphénomène qui n’ajoute pas grand-chose à la « structure élémentaire de la signification ». Et, en tout cas, une science exacte des phénomènes de communication n’est pas à reconstruire » (Parret, 1999, p. 52).

Les SIC proposent un cadre heuristique plus performant que les SL pour comprendre la construction du sens.

Par exemple, en postulant que la lecture sémiologique des médias ne correspondait pas nécessairement à la lecture (même inconsciente) du récepteur ordinaire, les études en réception prenant en compte, à la fois les processus d’encodage lors de l’émission et les processus de décodage des individus interprétant les message, s’avèrent plus complètes et performantes que les classiques analyses de contenu des fonctionnalistes américains ou les analyses sémiologiques inspirées par R. Barthes (Breton, Proulx ; 1989, chp. 11). Cette plus grande pertinence du cadre des SIC serait due à son interdisciplinarité plus grande. En intégrant les apports des SL dans un cadre élargi faisant une large place à la sociologie, la science politique et la philosophie de la technique, les SIC s’approchent au plus près de la réalité des échanges langagiers quotidiens car elles tiennent compte des enjeux de pouvoir qui lient les individus et des caractéristiques médiologiques des outils qu’ils utilisent pour se comprendre.

La communication n’est pas réductible au langage.

Si la communication passe assurément par le langage, elle passe aussi, comme le rappelaient M. Mauss et C. Lévi-Strauss, par d’autres systèmes structurés comme le don ou les systèmes de parenté. Plus pragmatiquement, l’apport essentiel de l’école de Palo Alto est d’avoir montré que la communication n’est pas réductible au verbe, que le sens n’émerge pas uniquement du signe. Le contexte comme le médium participent à la construction du sens, sens qui émerge autant du sensible que du logos. On le voit, la thèse qui veut que les SIC se construisent en opposition aux SL n’est pas sans fondement. Mais on peut également soutenir, à l’inverse, que loin de s’opposer, SIC et SL sont étroitement complémentaires. Plusieurs éléments peuvent être avancés pour étayer ce point de vue

La Rhétorique constitue le fondement historique des sciences de la communication.

Tous les manuels d’introduction aux sciences de la communication le soulignent : jusqu’à l’invention des médias de masse, la science du discours était une science de la communication. Aujourd’hui encore, nombreux sont les chercheurs en SIC qui, menant des études sur l’argumentation, revendiquent haut et fort le rôle central de la rhétorique dans les SIC (par exemple, Breton, 2000 ; Soulez, 2004)

Les SL sont indispensables à l’étude des médias de masse et des NTIC.

Tout message médiatique peut être analysé comme étant une production qui relève d’un système de signification partagée. Les images, les sons, les textes sont autant de discours que le chercheur en communication peut analyser en adaptant à son objet d’étude les théories des SL (de Saussure à Pierce en passant par Benveniste). De nombreuses études sur la télévision sont aujourd’hui encore directement inspirées par le cadre théorique proposé par les SL. (entre autres : Lochard, 2005 ; Chareaudeau et al. 2001).

-Les interactions entre SL et SIC enrichissent chacune de ces interdisciplines.

L’intérêt du manuel de B. Ollivier, « Les sciences de la communication » (2007), est de montrer comment les liens étroits entre SL et SIC ont permis d’enrichir le cadre théorique de ces deux domaines. La découverte du contexte, la dimension pragmatique des échanges, par exemple, sont dus autant à des évolutions disciplinaires internes qu’à une circulation d’idées entre ces deux domaines qui progressivement incluront, dans leur cadre théorique, des éléments commençant à former le nouveau paradigme de l’autre. L’œuvre de U. Eco et celle de P. Watzlawick illustrent l’enrichissement mutuel du aux emprunts réciproques entre SIC et SL.

Les rapports SIC sciences du langage vus par un chercheur en sciences du langages

Austin marque un tournant décisif dans la prise en compte du langage ordinaire, et permet de repenser, pour le linguiste, les rapports entre linguistique et communication. En effet, selon Austin, le langage ne sert pas seulement à communiquer, et à transmettre des informations, mais il est également un moyen d’agir. Dans How to do things with words[7], la théorisation de la performativité intervient juste après le rappel des multiples raisons qui se sont opposées jusque-là à sa thématisation. Comme le résume Sarfati[8] « en affirmant une conception pragmatique, J.L Austin procède à une critique de la conception descriptive du langage. D’où la dénonciation de l’illusion descriptive, caractéristique de la philosophie classique pour laquelle, depuis Descartes, le langage est avant tout un moyen de représentation de la pensée ». Austin va suggérer, comme nous allons le voir, que le langage est aussi vecteur d’action. Dans Le langage de la perception, il montre que les langues déterminent nos façons d’appréhender le domaine de l’expérience. Ainsi « il arrive souvent que vous ne puissiez savoir ce que je veux dire à partir de la simple connaissance des mots que j’emploie. Il n’est pas indifférent, par exemple, de savoir si la chose dont on discute appartient ou non à une classe de choses qu’il est courant de teindre »[9]. C’est d’ailleurs ce que remarque Benveniste (1966), lorsqu’il constate deux illusions du langage, qui seraient que la langue serait un des truchements de la pensée, ou que la langue est un décalque d’une logique qui serait inhérente à l’esprit. En fait :Aucun type de langue ne peut par lui-même et à lui seul ni favoriser ni empêcher l’activité de l’esprit. [...]

Mais la possibilité de la pensée est liée à la faculté de langage, car la langue est une structure informée de signification, et penser, c’est manier les signes de la langue[10]. Dans ses conférences, Austin montre en quoi l’usage de la parole est aussi une modalité de l’agir. Il part du problème que l’on rencontre face à certaines affirmations, qui sont des non-sens. Il existe en effet des exemples d’énonciations de verbes ordinaires à la première personne du singulier au présent de l’indicatif voix active, qui ne décrivent, ne rapportent et ne constatent rien, qui ne sont ni vraies ni fausses : elles sont telles que « l’énonciation de la phrase est l’exécution d’une action qu’on ne saurait décrire comme étant l’acte de dire quelque chose ». Austin donne un certain nombre d’exemple, comme Je baptise ce bateau Liberté, Je vous déclare mari et femme, etc. Énoncer la phrase dans un pari ou un lègue par exemple, c’est faire. Quel nom leur donner ? Austin a sa réponse : « Je propose de l’appeler une phrase performative », en référence au verbe to perform, qui « indique que produire l’énonciation est exécuter une action »[11]. Elle n’est ni vraie ni fausse mais heureuse ou malheureuse : ces énoncés répondent à des conditions de félicité, en effet « il est toujours nécessaire que les circonstances dans lesquelles les mots sont prononcés soient d’une certaine façon appropriées, et qu’il est d’habitude nécessaire que celui-là même qui parle, ou d’autres personnes, exécutent aussi certaines autres actions »[12].

La réussite des actes de parole suppose le respect d’un certain nombre de conditions, linguistiques, sociologiques et psychologiques. Pour le linguiste, face à des conceptions cognitivistes du langage[13], pour lesquelles la dimension pragmatique et interactionnelle ne constitue pas le principal centre d’intérêt, nous proposons une conception davantage pragmatique, voire sociolinguistique, de l’activité langagière. On ne peut certes pas faire l’économie d’un substrat de type cognitif, mais notre responsabilité consiste à ne pas abandonner la dimension symbolique distinctive des idiomes et des discours, car les signes, de même que la contamination des idées est avant tout affaire de sémiologie au sens de Saussure. La démarche inférentielle de Sperber considère en effet comme préalable ce qui constitue notre objet d’étude. Ce qui explique selon nous cette divergence, c’est la perspective sémiologique dans laquelle nous engageons notre travail : si le langage ordinaire est l’objet d’étude, c’est précisément parce qu’il ne va pas de soi, ou en tous cas il mérite d’être étudié en lui-même, de part la complexité dont il relève en discours. Si l’on présuppose le sens commun caractéristique du langage ordinaire, on passe à côté dece qui relève en propre des unités linguistiques, et on manque par là même les conditions de la production et de l’interprétation des discours.

La notion même de pertinence éloigne le sujet de la constitution propre des discours, des enjeux symboliques et sémiotiques de la prise de parole, puisque les échanges et la circulation des idées sont affaire de représentations. Ce « tout-cognitif » nous paraît excessif, et surtout porté dans la mauvaise direction : il faut certes tenir compte de l’activité cognitive des sujets, garante pour partie de l’intercompréhension ; mais faire reposer sur cette activité tout ce que recouvre la communication masque l’importance des propriétés linguistiques et celles de l’expérience. Pour notre part, si nous ne pouvons nous passer d’une certaine couche de cognition, nous pensons pouvoir justement la saisir à partir de l’analyse linguistique de discours, à titre d’hypothèse dans une situation particulière. Il existe certes des facteurs cognitifs à la circulation des idées, mais il nous semble très excessif de parler de contagion, puisque l’activité langagière est avant tout une démarche de constitution, de processus, et touche ainsi la sphère culturelle alors même qu’elle met en jeu sa dimension cognitive (cf. Longhi 2008). Au terme de cette analyse à deux voix des SIC et des SL, deux choses apparaissent clairement.

D’une part, le dialogue entre SIC et SL est riche mais complexe parce que le point de vue posé sur l’objet (la construction du sens) n’est pas le même malgré un grand nombre de références théoriques communes. D’autre part, ce dialogue est possible et nécessaire, parce que dans les deux cas, il s’agit de prendre en compte la dimension symbolique de l’homme qui n’est pas, contrairement à ce que soutiennent certains, réductible à sa dimension bio cognitive. Ce cadre théorique étant posé, passons maintenant à la méthodologie de ce travail

 

Méthodologie

Notre travail se veut modeste. Ce n’est qu’une première approche qui sera, nous l’espérons en tout cas, complétée, nuancée, affinée, par d’autres travaux. Son intérêt principal réside dans l’approche longitudinale adoptée. Travailler sur une période de 10 ans, permet en effet d’échapper en partie aux effets de modes. Faute de temps et de moyens nous n’avons pas travaillé sur un échantillon représentatif du grand public, mais nous avons questionné un ensemble particulier du public profane : des jeunes étudiants. Plus précisément les étudiants en première année du département techniques de commercialisation de l’IUT de Roanne. Par sa jeunesse (entre 18 et 21 ans pour l’immense majorité d’entre eux) cette population est très différente du grand public, mais en même temps, comme elle n’a pas reçue de formation antérieure à la communication, elle offre l’avantage de proposer des visions sociales de la communication potentiellement très distinct des visions épistémologiques des chercheurs. Par ailleurs la simplicité du questionnaire (cf. annexe) n’autorise pas une recherche très fouillée, mais facilite en revanche, une approche plus spontanée des réponses. Ces remarques générales étant faites, nous nous concentrerons, dans ce paragraphe méthodologique sur deux points .

 

Les conditions de passation

Les deux questionnaires ne sont pas présentés comme tel aux étudiants suivant le cours intitulé « psychosociologie de la communication » (l’ensemble des étudiants de première année, soit une centaine d’étudiants[14]). En effet, lors du premier cours, le questionnaire se présente sous la forme d’un document de huit questions intitulées « renseignements pédagogiques » que les étudiants devaient remplir, individuellement et en silence, lors du premier quart d’heure du cours, avant même la présentation de celui-ci. Lors du dernier cours, le questionnaire se présente sous la forme d’un texte de sept questions nommé« fiche d’évaluation ». Ce questionnaire était rempli, juste après l’appel, dans les mêmes conditions (travail individuel et en silence de quinze minutes) que pour le premier cours, mais avec l’objectif de préparer l’évaluation orale, par les étudiants, de l’année écoulée. De telles conditions de passation ne correspondent aux canons de la recherche par questionnaire.

En effet, la double finalité (pédagogique et scientifique) des questions posées induit une certaine ambiguïté dans l’interprétation de certaines réponses. De même, les différences dans l’intitulé du document et dans les questions posées entre septembre et juin interdit une comparaison terme à terme. Enfin, le fait d’avoir occulté l’une des finalités du questionnaire (l’analyse informatique des représentations spontanées du mot « communication ») peut avoir introduit une focalisation des répondants sur des questions annexes pour le chercheur mais centrale pour eux (par exemple, le métier qu’ils souhaitent exercer à la fin de leurs études). En même temps, cette occultation, justement parce qu’elle évite de focaliser l’attention des étudiants sur la questions 6 (Quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit lorsque vous entendez le mot « communication » ?), favorise une verbalisation spontanée. De même, le cadre du cours et la solennité du mode de passation (silence) favorise la concentration des étudiants et le sérieux dans les réponses. Enfin la passation collective permet d’harmoniser les conditions de passation, même si le temps effectif consacré au questionnaire varie sensiblement d’un individu à un autre (de 5 à 13 minutes).

 

Les méthodes d’analyse

Face à cette quantité de données, dont nous venons de décrire les conditions de production, nous avons opté pour un double type de traitement, qui permet de concilier deux démarches d’analyses distinctes, et ainsi deux inspirations épistémologiques. Ce souci permet, sur le plan théorique, de prendre conscience que la diversité méthodologique, qui écarte tout dogmatisme, fournit certains éclairages très intéressants. Ainsi, un premier traitement par ordinateur (logiciel Sphynx) a été établi, sur les questionnaires des années 1995 à 2000, en séparant les réponses données en septembre, puis en juin. Cette analyse était fondée sur les 3 premiers mots cités par les étudiants comme étant associés au mot « communication », sans distinguer l’ordre d’apparition de ces occurrences. Cette méthode a ainsi l’avantage de donner une représentation quantitative des mots cités en association avec « communication », en prenant en compte l’évolution des représentations associées au mot « communication » après une année d’études dans un cours d’information/communication. Le point faible de cette méthode réside dans le fait que l’ordre d’apparition d’un terme n’est pas exploité dans les résultats : ainsi un terme cité en 3ème position a le même statut qu’un terme cité en 1er.

C’est pourquoi nous avons combiné à cette analyse par ordinateur, limitée par certains aspects, une analyse des mots cités en 1er, pour les années 2000 à 2005 (sauf pour 2001-2002). Cette analyse est donc davantage qualitative, et même si elle néglige une partie des résultats, elle indique ce qui est le plus spontanément cité en association au mot « communication ». Nous le voyons, les faiblesses de chacune des eux méthodes sont finalement compensées par le fait que nous pouvons combiner deux types d’approches, qui permettront ensuite de comparer les résultats obtenus.

 

Analyse : La communication vue par un public profane

Après avoir posé la problématique théorique et la méthodologie du recueil des données, nous pouvons à présent effectuer l’analyse des questionnaires. Cette analyse se fera sous deux formes : analyse « brute » des trois termes cités par chaque étudiant, dans les questionnaires des années 1995 à 2000, puis analyse des termes qui apparaissent en 1er pour les années 2000 à 2005.

 

Analyse brute

A partir de ces questionnaires, une première analyse a pu être menée, avec l’aide du logiciel Sphynx : elle concerne la prise en compte des 3 termes les plus cités par les étudiants, l’ordre n’intervenant pas. Cette analyse nous permettra de travailler sur une quantité de données importante : dans un second temps, nous pourrons affiner les résultats de cette analyse quantitative en considérant les termes cités en 1er. Pour ce premier temps, qui concerne les années 1995 à 2000, ce qui est intéressant dans les mots cités, c’est le caractère diffus des termes employés, qui ne mettent justement pas en lumière la distinction symétrique revendiquée par la tradition des SIC, entre information et communication. En outre, nous pouvons travailler sur ces résultats en contrastant les données recueillies en septembre, puis en juin : Total septembre : échange, contact, relation, dialogue, parole, parler, langage, informationTotal juin : échange, relation, média, information, interaction, langage, culture, schéma, message, feedback Un premier groupe de réponses peut être isolé, qui se composerait de « échange », « relation », « interaction » : ces termes indiqueraient le caractère interactif et interindividuel de la communication. Cependant d’autres termes indiquent davantage l’aspect « support de l’information », à savoir « parole », « parler », « langage », « message », « média » voire « schéma ». Là aussi c’est une vision un peut naïve de la communication comme si le langage ou l’activité de parole était le moyen prototypique de la communication. Ce qui veut dire que la communication est considéré comme moyen, ou support, à quelque chose, un contenu. Pour l’apparition de « media », « message » et « schéma » en juin on peut voir probablement l’influence de l’acquisition du schéma de Jakobson : « émetteur-canal-récepteur » .

Au total, il semble que l’on puisse lire un double mouvement dans ces réponses : d’une part le caractère asymétrique de la relation information/communication par le fait que le 1er groupe de réponses insiste sur le caractère interactionnel de la communication, donc pas nécessairement support de l’information, mais plutôt comme processus et mise en rapport.Le 2nd groupe de réponses marque cependant le lien évoqué entre la communication et une structure formelle (« langage », « parole », etc.), ce qui induit qu’elle se situe pour les étudiants dans un rapport un peu binaire, et que l’autre versant serait relatif au contenu (par inférence). Plus précisément maintenant la fréquence d’apparition des réponses indique que le 1er groupe de réponses apparaît plus, donc que le rapport asymétrique entre communication et information est davantage véhiculé que le rapport symétrique.En considérant ensuite les réponses selon les différents bacs de provenance des étudiants, puis en les distinguant également selon le critère d’avoir une idée de profession ou pas, on peut repérer, entre septembre et juin, les mouvements suivants : - « information » remonte (de position 8 à 4, 9 à 4, 7 à 5, 8 à 4, pas mentionné à 4) sauf pour le bac pro ;- « relation » remonte (3 à 2, 5 à 3, 6 à 5, ou descend pour bac pro de 2 à 5) ;- « contact » qui apparaissait partout disparaît (2, 2, 5, 6, 3 et 4) ;- « échange » est stable en 1ère position. Nous pouvons à présent formuler un certain nombre d’hypothèses relatives à ces constatations.

Tout d’abord, avec « échange » en 1er mais « relation » qui remonte entre septembre et juin, on peut penser que la vision moins naïve de la communication la rend moins utilitaire (« échange » = donner et recevoir quelque chose en retour ») pour y voir à la fois le lien, mais aussi l’interdépendance. Avec « contact » qui disparaît on perdrait un peu la dimension individuelle (centrée sujet) de la communication, même s’il ne faut pas privilégier le contact physique ; peut être qu’après le cours la fonction de contact est identifiée comme marginale, donc moins digne d’y figurer. Avec « information » qui remonte, on retrouve l’hypothèse de départ sur la relation information/communication : cette relation serait davantage construite par le cours, que spontanément identifiée.D’ailleurs « langage » remonte également entre septembre et juin alors que « parler » et « parole » deviennent absents. Donc le travail en communication fait davantage percevoir aux étudiants la communication comme une faculté - liée à un système - de transmettre de l’information, que comme une action ou un moyen.

 

Analyse par ordre

Afin d’affiner les résultats obtenus dans le traitement des 6 années fait avec Sphynx, l’analyse des mots cités en 1er pour 5 années suivantes est très intéressant. Nous pouvons les synthétiser, en indiquant, pour chaque année universitaire, les 7 termes cités en 1er, avec leur nombre de mentions :
2000/2001 2002/2003 2003/2004 2004/2005 2005/2006 
échange17parler18contact26parler19échange15
relation11échange14échange25échange17parler9
parler10dialogue10dialogue10dialogue12dialogue7
dialogue9relation9langage8écoute11téléphone5
écoute8contact8parler 8relation7langage5
parole6écoute5écoute3langage6contact2
contact5parole5discussion2contact4message2
Tableau n° 1 : Termes cités en 1er pour les différentes années L’élément le plus stable parmi ceux qui sont cités en 1er est ECHANGE (il est en effet deux fois 1er et trois fois 2nd). Par ailleurs, au total des mentions, il arrive en tête des termes cités en 1er :
échange88
parler64
dialogue48
contact45
écoute27
relation27
langage19

Tableau n° 2 : Total des occurrences des termes cités en 1er sur les 5 années considérées PARLER, DIALOGUE et CONTACT apparaissent à chaque fois (de plus concernant PARLER on a PAROLE qui apparaît 2 fois, avec 11 mentions au total). ECOUTE apparaît 4 fois, LANGAGE et RELATION 3 fois chacun. A l’inverse, pour éclairer l’aspect de la problématique théorique qui concerne les rapports entre information et communication, le terme INFORMATION apparaît au total 5 fois en 1er (sur les 5 années, 2 fois en 2000/2001, 1 en 2002/2003, 2003/2004 et 2004/2004). Finalement, au regard de ces résultats « par ordre », il apparaît également (comme avec les résultats « bruts ») que c’est l’aspect interactif (échange, dialogue, contact, relation) qui émerge. A noter aussi l’importance de la dimension langagière (parler/parole, langage, écoute, et même discussion, téléphone) est assez remarquable, la communication sera a priori perçue comme verbale. Par contre, information n’est pas un très bon « client » : ce que l’on avait vu dans les résultats précédents (analyse avec le logiciel Sphynx, dans laquelle information remonte entre septembre et juin) montre que c’est davantage une notion construite par le cours que spontanément citée.

Tout ceci confirme la pertinence d’envisager ce sujet avec une dimension « pragmatique linguistique » (interactionnisme, actes de langage, implicite, etc.) qui fait le lien entre langage et communication ; cela fait également le lien avec une certaine philosophie du langage (contre la conception représentationnaliste du langage, et pour une vision ‘performative’ et sémiotique). ***Ainsi notre analyse révèle bien l’écart entre une conception profane de la communication et celle des chercheurs. Les étudiants n’associent pas spontanément le mot information au vocable communication, alors que les scientifiques cherchent, au contraire, les fondements épistémologiques de leur interdiscipline dans cette relation. Cet écart entre conception savante et conception profane d’un processus social n’a rien d’original. C’est le lot de la plupart des concepts utilisés par les sciences sociales. Mais l’ampleur de cet écart interroge l’enseignant en SIC. Dans une approche didactique de la discipline ne vaudrait-il pas mieux partir du réseau d’association spontanée qui entoure le mot communication (échange, dialogue, etc.) plutôt que de commencer les cours par la présentation du schéma linéaire de a théorie de l’information ? Schéma qui, c’est en tout cas ce que suggère cette première enquête, s’impose moins par son accord avec les représentations spontanées que par sa simplicité pédagogique.

 

ANNEXES : les deux questionnaires utilisés

 

I-RENSEIGNEMENTS PEDAGOGIQUES(Feuille distribuée lors du premier cours)

1) AGE

2)SEXE

3)ANNEE D’OBTENTION DU BAC

4) BAC D’ORIGINE (EN TOUTES LETTRES SVP, NE PAS SE CONTENTER D’UN SIGLE)

5) QUELLE PROFESSION SOUHAITEZ-VOUS EXERCER À LA FIN DE VOS ETUDES ?

6 QUELS SONT LES MOTS QUI VOUS VIENNENT À L’ESPRIT LORSQUE VOUS ENTENDEZ LE MOT "COMMUNICATION" ? - - -

7) DONNEZ EN TROIS MOTS, QUELLES SONT, POUR VOUS, LES QUALITES ESSENTIELLES D’UN ENSEIGNANT EN COMMUNICATION ? - - -

8) DONNEZ EN TROIS MOTS, QUELLES SONT, POUR VOUS, LES QUALITES ESSENTIELLES D’UN ETUDIANT EN COMMUNICATION ? - - - MERCI


II- FICHE D’EVALUATION(Feuille distribuée lors du dernier cours)

1) SEXE

2) AGE

3) ANNEE D’OBTENTION DU BAC

4) BAC D’ORIGINE (EN TOUTES LETTRES SVP)

4) QUELLE PROFESSION SOUHAITEZ-VOUS EXERCER À LA FIN DE VOS ETUDES ?

5) QUELS SONT LES MOTS QUI VOUS VIENNENT À L’ESPRIT LORSQUE VOUS ENTENDEZ LE MOT "COMMUNICATION" ? - - -

6) INTERET Dans ce cours, quel est le sujet qui vous a le plus intéressé ? Pourquoi ? - - Dans ce cours, quel est le sujet qui vous a le moins intéressé ? Pourquoi ? - -

7) REPROCHES Quels sont les deux reproches principaux que vous feriez à ce cours ? - -

MERCI

 

Références bibliographiques

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[1] Le 25 février 1972, à l’initiative de Robert Escarpit, se crée un Comité des sciences de l’information et de la communication qui a pour objectif l’insertion des SIC dans le système universitaire français. Ce comité comprenait des personnalités comme Jean Meyriat, Roland Barthes, Abraham Moles, etc.

[2] Le 20 janvier 1975, un arrêté crée une 52 ème section du CCU "Sciences de l’information et de la communication", l’actuelle 71 ème section du CNU.

[3] Robert Escarpit interrogé, en 1992, par Jean Devèze et Anne-Marie Laulan. Texte édité par la SFIC sous la forme d’une plaquette et disponible sur le serveur de la SFIC.

[4] Entretien accordé à Jean Devèze (op.cit.)

[5] « La convergence des travaux menés dans les bibliothèques en sciences de l’information et en sciences de la communication montrent comment la prise en compte de l’objet technique (le site web par exemple), celles des institutions et celles des usages sont indispensables pour construire des connaissances solides sur les transformations en cours avec les réseaux » (Ollivier, 2007, p. 181).

[6] Le 20 janvier 1975, un arrêté crée une 52 ème section du CCU "Sciences de l’information et de la communication", l’actuelle 71 ème section du CNU.

[7] Austin (1970) : nous utilisons la version traduite.

[8] Sarfati (2002, p.21)

[9] Austin (1971, p.88, à propos de la « couleur réelle » de la laine)

[10] Benveniste (1966, p.74)

[11] Austin (1970, p.41 et p.42)

[12] Ibid., p.43

[13] La plus emblématique est probablement celle de D Sperber (1996), appelée contagion des idées, qui est une conception biologique de la communication

[14] Suivant les années le nombre d’étudiants inscrits variait entre 85 et 104. Bien entendu seules les personnes présentes en cours ont répondu au questionnaire, dès lors l’absentéisme comme les abandons en cours de route font que le nombre de répondants en juin et inférieur au nombre de répondant en septembre qui lui-même ne correspond pratiquement jamais au total de la promotion.



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